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La Gazette Drouot Art et patrimoine - Expositions

Feuilles d’éventails, entre Europe et Japon à Genève

Le 01 décembre 2021, par Anna Aznaour

Une découverte de taille attendait la commissaire Bénédicte De Donker lors de la préparation de cette exposition. Ses recherches dans les collections…

Feuilles d’éventails, entre Europe et Japon à Genève
Katsukawa Shunsho (1726-1793), Ippitsusai Buncho (actif à Tokyo vers 1725-1790), édité par Kariganeya Ihei (actif à Tokyo vers 1770), L’Acteur Onoe Kikugor?, dit aussi Kobaik?, 1770, série de portraits d’acteurs sur éventail, xylographie en couleur.
© Musée d’art et d’histoire de Genève

Une découverte de taille attendait la commissaire Bénédicte De Donker lors de la préparation de cette exposition. Ses recherches dans les collections lui feront repérer une série de huit feuilles d’exception. « Elles ont été acquises en 1915 en tant qu’œuvres allemandes par le musée d’Art et d’Histoire de Genève, alors qu’il pourrait bien s’agir de chefs-d’œuvre français de la seconde moitié du XVIIIe siècle », confie la conservatrice du Cabinet des arts graphiques. Réévaluée par l’imagerie scientifique d’abord et le rayonnement infrarouge par la suite, la restauration des miniatures en question, peintes sur parchemin, révèle la virtuosité de leur auteur inconnu, ainsi que sa technique de création. D’autres indices encore, iconographiques cette fois, pointent également en direction de l’Hexagone, reconnu dès le XVIIe siècle comme le fief européen de la production d’éventails. Outre le style, le choix de leurs thématiques – représentations de scènes mythologiques, triomphes de Mars, d’Hercule et d’Amphitrite – plaide en faveur de l’hypothèse de feuilles d’éventails français. Très appréciées, surtout par les Anglais, ces pièces étaient souvent peintes en France mais assemblées ailleurs, et offertes principalement à l’occasion de fiançailles ou de mariages. Réparties dans trois salles, les œuvres réunies dévoilent au public un aperçu captivant de l’évolution de cet accessoire dès le XVIe siècle. Ses versions dites pliées ou brisées arriveront du Japon, qui les inventa au XIe siècle et en fut le principal producteur mondial. Dans la salle dédiée, quelques spécimens nippons, peints ou imprimés à la façon des estampes ukiyo-e, mettent en scène des prostituées de haut rang, des ouvrières occupées à fabriquer et vendre des éventails, ou encore des vedettes de théâtre. Qu’ils soient d’origine européenne ou japonaise, en plume, soie, parchemin ou papier, ces objets accompagnés d’écrits nous éclairent sur un art à son apogée au XIXe siècle.

Musée d’Art et d’Histoire (MAH),
2, rue Charles-Galland, Genève, tél. 
: +41 (0)22 418 26 00.
Jusqu’au 30 janvier 2022.
ville-geneve.ch

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