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Deux chefs-modèles de Cordier

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 17 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009

À peine connues, restées jusqu’alors dans la famille du sculpteur, ces deux têtes en bronze sont des documents inédits, reçus avec tous les honneurs.

Charles Henri Joseph Cordier (1827-1905), Arabe d’El Aghouat, chef-modèle en bronze... Deux chefs-modèles de Cordier
Charles Henri Joseph Cordier (1827-1905), Arabe d’El Aghouat, chef-modèle en bronze à patine brune, vers 1856, h. 48 cm, dont piédouche 14 cm.
Adjugé : 460 800 

Leur estimation était des plus raisonnables au regard de leur rareté, de la qualité de leur fonte – d’une rare légèreté – et du nom de leur auteur, Charles Henri Joseph Cordier. Ce Cambraisien passé par l’atelier de François Rude est en effet l’un des plus grands sculpteurs de la seconde moitié du XIXe siècle, celui qui a ouvert la voie à la beauté venue d’ailleurs, celui ayant réintroduit la polychromie longtemps honnie, celui enfin qui a su séduire l’impératrice Eugénie avec ces bustes naturalistes – visionnaires pour leur époque – et rencontrer le succès. Ce dernier ne se dément pas, comme en attestent les deux chefs-modèles en bronze présentés ici, l’un comme l’autre inédits, lesquels recevaient 460 800 € et un record mondial (source : Artnet) pour celui de l’Arabe d’El Aghouat (reproduit dessus), et 153 600 € pour celui du Cheik arabe du Caire (h. 47 cm avec son piédouche). Celui-ci a été exécuté vers 1866 au retour d’un voyage en Égypte, seuls les plâtres étaient réalisés sur place. Ces deux pièces ont donné naissance à des chefs-d’œuvre drapés et à la tête ornée d’un turban, dont l’un en bronze et marbre onyx, appartenant aux collections du musée d’Orsay (l’Arabe d’El Aghouat), et un autre à celles du musée Van Gogh d’Amsterdam (le Cheik arabe du Caire). Fort de ces deux résultats, l’après-midi se concluait sur le produit de 1 187 840 €. Il voyait encore l’originale petite Tête antiquisante (h. 12 cm – Voir l'article Jean-Léon Gérôme et René Lalique : unique et inédite page 66 de la Gazette n° 44) en bronze à patine médaille, incluant un visage en verre bleu, obtenir 38 400 €. Il s’agit d’une œuvre à quatre mains réalisée à la fin du XIXe siècle par un duo inattendu : l’orientaliste Jean-Léon Gérôme (1824-1904), qui, à la fin d’une carrière de peintre marquée d’honneurs, prend le risque de se lancer dans la sculpture, et le verrier René Lalique (1860-1645). Il faut aussi noter les 69 120 € d’un coffret de laiton (5,5 9,4 6,5 cm) vers 1620 gravé sur toutes ses faces dans l’atelier nurembergeois ou augsbourgeois de Michael et Conrad Man, et la préemption à 9 600 € par le château de Lunéville d’une miniature, le Portrait du roi de Suède Charles XII. Cette petite peinture sur vélin est attribuée à Stanislas (1677-1766), roi de Pologne. On savait le monarque mécène des arts, on le découvre doué d’un joli trait de crayon et d’un vrai coup de pinceau.

vendredi 17 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Live
Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009
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