Delacroix et Eugène, l’homme derrière l’artiste

Le 08 mars 2019, par Zaha Redman

Musée national Eugène-Delacroix, 6, rue de Furstemberg, Paris VIe, tél. : 01 44 41 86 59, www.musee-delacroix.fr - Jusqu’au 6 mai 2019.

Hippolyte-Charles Gaultron (1805-1878), Portrait de Delacroix, d’après l’Autoportrait conservé aux Offices, 1846, huile sur toile.
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Mathieu Rabeau

«Pour la première fois, dix étudiants de l’École du Louvre ont été invités à imaginer une exposition au musée national Eugène-Delacroix. Ce projet a été l’occasion de s’interroger sur les facettes moins connues de l’artiste et d’apporter un nouveau regard sur la collection.» Voilà pour le programme. Avec des thèmes comme «Delacroix, artiste officiel», «Les passions d’Eugène», «La peinture comme refuge» et «Eugène, artiste voyageur ?», le parcours gratte le mythe sans trop l’écorner, en s’appuyant sur une lecture du Journal de l’artiste, né en 1798 et mort en 1863. Quelques commentaires des étudiants accompagnent les œuvres. Charles, le père d’Eugène, est ministre des Affaires étrangères, ambassadeur en Hollande. Le jeune peintre est ambitieux et vise très vite les honneurs officiels : rien à voir avec Géricault…
Il est cultivé, aime le théâtre et la musique très classiques ainsi que le montrent les hommages rendus à la scène et à Shakespeare dans ses peintures et dessins. Delacroix met en avant des humeurs bourgeoises et romantiques, une maison de campagne, des scènes de nature. On dit qu’il va plus volontiers au jardin zoologique de Paris qu’au Maghreb, qu’il est un voyageur un peu frileux, et pas un aventurier à la Byron. Quelques portraits, dont un intéressant autoportrait jeune, agrémentent l’ensemble. Le tout est pertinent, séduisant, mais un peu trop timide et uniforme, si peu arrogant. On imagine que les étudiants ont été trop encadrés, ou excessivement timorés. Comme son titre convenu, l’exposition ressemble plus à un projet un peu guindé du début du XX
e siècle qu’à l’amorce d’une thèse rebelle. Il faudra, pour sonder cette affaire, revenir au Journal, l’éplucher, creuser l’enquête.

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