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Galerie Kamel Mennour : Daniel Buren - Philippe Parreno Simultanément

Le 19 janvier 2021, par Virginie Huet

Galerie Kamel Mennour : Daniel Buren - Philippe Parreno Simultanément
Exposition Daniel Buren et Philippe Parreno à la nouvelle galerie Kamel Mennour.
© Daniel Buren, Adagp © Philippe Parreno Photo archives kamel mennour Courtesy the artists and kamel mennour, Paris/London

Depuis la rue, six baies vitrées en enfilade annoncent la couleur. Roses, bleus ou jaunes, des filtres occultants attirent l’oeil et gâchent la vue. Pour sa cinquième adresse, la quatrième parisienne et la troisième rive gauche – à deux pas de sa voisine d’en face, ouverte il y a sept ans –, Kamel Mennour a vu grand. Au rez-de-chaussée, sur 350 des 600 mètres carrés entièrement liftés par Pierre Yovanovitch, deux vedettes se partagent l’affiche de l’exposition inaugurale. Daniel Buren (né en 1938) et Philippe Parreno (né en 1964), résolus à «apparaître ensemble», y créent une atmosphère changeante et sur mesure. Pour que la magie opère, il faut errer dans le dédale de cylindres formant la «fausse architecture» bâtie par le premier : recouvertes de miroirs rayés de blanc, vingt-cinq colonnes, disposées en quinconce autour des trois piliers d’origine, réfléchissent la lumière traversant l’espace à intervalles irréguliers. Ici comme ailleurs, le jour se lève et la nuit tombe. Sauf que la cadence est trop soutenue pour être honnête… Dans cette galerie des glaces, le maître du temps n’est autre que Parreno, qui, grâce à des capteurs plongés dans la Seine tout proche, dirige le ballet des stores électriques, indexé sur le cours fluctuant du fleuve. C’est le beau «travail de respiration» que réclame toute exposition, «ce jeu constant entre le site et sa transformation artistique» : «Il faut qu’il y ait du souffle pour que la forme se forme et que le lieu ait lieu», dit encore le plasticien. Par vagues successives, l’œuvre, pareille à l’endroit, prend vie, reprend des couleurs. Eurythmique et pourtant saccadée, l’installation labyrinthique au bout de laquelle s’élève un mur d’eau — moins convaincant — donne une impression de déjà-vu, celle que produit au musée de l’Orangerie le cycle des Nymphéas de Monet : «L’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage».

Galerie Kamel Mennour,
5, rue du Pont-de-Lodi, Paris 
VIe, tél. : 01 56 24 03 63.
Jusqu’au 27 février 2021.
www.kamelmennour.com

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