Changer le monde

Le 13 janvier 2017, par Anne Foster

Jean René, dit JR, choisit ce slogan pour un projet universel qui lui est cher. Venu de l’art urbain, cet «artiviste», comme il aime se nommer, crée ainsi un réseau militant où chacun peut réaliser une œuvre d’art pour faire passer ce message.

JR (né en 1983), Inside Out, Miami Art Basel, 2011, photographie couleur, Plexiglas, aluminium, bois. D’une édition en trois exemplaires et deux épreuves d’artiste, 125,5 x 186,5 cm.
Estimation : 20 000/25 000 €

Un beau jour de l’année 2001, Jean René trouve, dans le métro parisien, un appareil photo. Les murs «graffités» et ce nouvel instrument lui donnent l’idée d’un projet, certes un peu mégalo : photographier les gens qui donnent leur identité aux lieux, les exposer sur les murs de leurs quartiers ou villages, mais aussi partout dans le monde, là où existe une surface pour coller ses affiches géantes ou plus exactement ses énormes collages photographiques. Le site de l’artiste donne cet exemple : «Entre 2004 et 2006, il réalise Portrait d’une génération : des portraits de jeunes de banlieue qu’il expose, en très grand format, dans les quartiers bourgeois de Paris.» JR se veut engagé dans le monde, affichant avec Marco, des portraits d’Israéliens et de Palestiniens de part et d’autre de la barrière de sécurité ; de retour sur les bords de la Seine, il les expose sur les murs de la capitale, une action pour mettre à l’honneur «les héros du projet […] tous ceux qui, des deux côtés du mur, m’ont autorisé à coller sur leur maison». En 2008, il rend hommage aux femmes, à celles qui sont victimes des conflits et du fanatisme religieux : la série Women are Heroes, inaugurée dans les favelas de Rio de Janeiro, avant de devenir un film, lui vaut le prix TED, en 2011. Cette même année, il lance le projet «Inside Out», qui lui tient tant à cœur, et le définit en ces termes : «un projet d’art participatif international qui permet aux personnes du monde entier de recevoir leur portrait puis de le coller pour soutenir une idée, un projet, une action et de partager cette expérience», souligne son site. «En décembre 2016, plus de 320 000 personnes dans plus de 139 pays ont participé au projet, par courrier ou via des cabines photographiques géantes installées dans des musées ou les rues du monde entier, de Times Square à Fukushima.» JR a demandé par ailleurs l’autorisation d’utiliser des clichés de grands aînés, comme Robert Capa, Man Ray, Gilles Caron ou Helen Levitt ou de photographes moins connus, qu’il redimensionne. Des photographies de ses installations sont exposées dans des galeries, telles celles d’Emmanuel Perrotin qui le représente à Paris, et de Magda Danysz, à Shangai. Des rentrées financières qui lui garantissent sa liberté. Ainsi des visages inconnus et des regards surdimensionnés interpellent des passants, certains attentifs, curieux, d’autres indifférents, ou seulement perdus dans leur monde intérieur…

mardi 31 janvier 2017 - 14:30 - Live
Salle 1 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Villanfray & Associés
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