Alberto Burri à la fondation Giorgio Cini à Venise

Le 13 juin 2019, par Virginie Chuimer-Layen
Alberto Burri (1915-1995), Cretto G3, 1975, acrovinyl sur cellotex, 172 151 cm.
© Fondazione Palazzo Albizzini Collezione Burri

En marge de la Biennale de Venise, sur l’île de San Giorgio Maggiore, l’exposition sur le maître matiériste italien est la première depuis la rétrospective, en 1983, aux chantiers navals de la Giudecca. À la fondation Cini, l’événement, placé sous le commissariat de Bruno Corà président de la fondation Burri, à Città di Castello (Ombrie) , présente une cinquantaine d’œuvres provenant d’institutions et de collections privées, italiennes ou non. Comme le titre le suggère, cet im-manquable off révèle une «irréductible présence», expression d’Alberto Burri (1915-1995) lui-même, qui aimait l’utiliser pour qualifier son travail. Au fil de salles à la scénographie minimaliste, les diverses textures brutes affectionnées par le plus grand acteur de l’art informel italien sont traitées à l’aune de gestes qui brûlent, déchirent, cousent, collent, mettant en évidence d’étonnantes métamorphoses. À travers leurs surfaces, tantôt rugueuses, tantôt brillantes, craquelées, denses, irrégulières ou lisses, leurs couleurs sombres, profondes ou flamboyantes, leurs jeux de reliefs et de volumes, les pièces tissent des dialogues entre elles. Des somptueux «Catrami» (goudrons) aux «Sacchi» (sacs) qui ont fait sa notoriété, en passant par les «Combustioni», les «Ferri», les «Legni» (bois), les splendides «Cretti» (entailles) et les «Cellotex» à la feuille d’or des années 1990, le parcours dévoile avec maestria la faculté de l’artiste à faire jaillir la beauté de matériaux pauvres, devenus presque vivants sur la toile. Valoriser l’essence de la création, dire simplement le vrai en peinture, voilà ce qu’exprimait celui qui fut un choc pour Robert Rauschenberg et qui, indirectement, allait l’inciter à créer en 1954 ses «Combine Paintings». À cela s’ajoute un film documentaire sur Il Grande Cretto (1984-1989), installation gigantesque et controversée ressemblant à un grand labyrinthe de ciment blanc et recouvrant Gibellina, bourgade sicilienne dévastée par un tremblement de terre en 1968. À voir.

Fondation Giorgio Cini,
San Giorgio Maggiore, Venise, tél. 
: +39 041 27 10 237.
Jusqu’au 28 juillet 2019.
www.cini.it
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