Jardins d’été avec Kisling et Majorelle

Le 23 juillet 2020, par Philippe Dufour

Kisling et Majorelle étaient les invités d'honneur de la dispersion du contenu d’un bel appartement parisien réservait des surprises de taille, aux passionnés de l’art du XXe siècle comme aux férus de haute joaillerie.

Moïse Kisling (1891-1953), Fleurs, 1937, huile sur toile, signée, datée et située « Paris », 73 54 cm.
Adjugé : 117 120 

En parfait accord avec la saison, une brassée de glaïeuls rouges dans un vase bleu a enchanté la session : on doit ces Fleurs à Moïse Kisling qui les a peintes en 1937 – voir l'article Kisling, haut en couleur de la Gazette n° 27, page 104 –, à l’huile sur toile (73 54 cm). Dans ces années d’immédiat avant-guerre, le peintre d’origine polonaise est une personnalité à la fois artistique et mondaine, fort appréciée du Tout-Paris. Sa cote n’a pas fléchi, car la pimpante nature morte s’envolait jusqu’à 117 120 €, doublant facilement son estimation haute. Plus ancien d’une trentaine d’années, un important mobilier de salle à manger du modèle «Viorne» (du nom des fleurs de l’arbuste qui décorent ses lignes tendues) et portant la signature de Louis Majorelle ; en noyer et placage de ronce de noyer, il comprend un impressionnant buffet à deux corps doté d’une vitrine, d’étagères et de six vantaux, une desserte, une table et six chaises, sans oublier une cheminée et deux fauteuils… Vendu, en raison d’une faculté de réunion, avec un grand lustre par Daum et Majorelle (h. 113 cm), cet ensemble séduisant devait inscrire 45 750 €. L’autre versant de la vacation était semé des bijoux de l’écrin de Mme P., une fidèle habituée de la maison Van Cleef & Arpels, dont elle portait un bracelet articulé dit « Dos d’âne », en or gris et cristal, aux maillons de forme géométrique, signé et numéroté 41633. Pour ce travail des alentours de 1930 (l. 17 cm, poids brut 36,6 g), il fallait débourser 37 820 €. Notons qu’un modèle similaire est reproduit dans Bijoux art déco et avant-garde (sous la direction de Laurence Mouillefarine et Évelyne Possémé), aux éditions Norma. Du même joaillier provenait aussi une bague en or jaune, à décor de boucle ornée de rubis calibrés et diamants ronds taillés en huit-huit, signée et numérotée (poids brut 10,5 g). Elle était empochée pour 10 370 €. Cependant, la palme, avec 76 860 €, revenait à une bague en platine sommée d’un diamant de 7,21 ct, de couleur H et de transparence SI 1.

mardi 14 juillet 2020 - 02:30 - Catalogue
Enchères Côte d'Opale
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