Les tissages solaires d’Olga de Amaral

Le 24 juin 2021, par Philippe Dufour

Mêlant le lin à l’acrylique et aux feuilles d’or, le travail de la plasticienne d’origine colombienne a triomphé à Bordeaux, muni, il est vrai, d’un pedigree des plus excitants.

Olga de Amaral (née en 1932), Montana 11, 2000, lin, gesso, peinture acrylique et feuilles d’or, signé, titré et daté au revers «981 Montana 11, 2000», 139,5 91 cm.
Adjugé : 155 000 

Il a franchi la barrière des six chiffres, à partir d’une estimation haute de 50 000 €… Montana 11 (139,5 91 cm) d’Olga de Amaral a finalement remporté une enchère de 155 000 €, une juste récompense pour cette artiste sud-américaine recherchée, et plutôt rare dans les salles de ventes européennes (voir l'article Par Olga de Amaral pour un yacht de Roman Abramovitch de la Gazette n° 23, page 179). Il s’agit d’un textile réalisé en 2000, et composé de lin, gesso, peinture, acrylique et feuilles d’or, emblématique d’un travail situé à l’intersection de l’art contemporain et de l’artisanat primitif. À cette nature précieuse, rappel évident des trésors de l’art précolombien, s’ajoute l’origine de la pièce, qui a orné entre 2004 et 2011 la salle de cinéma du Pelorus, le yacht de luxe appartenant alors au milliardaire russe Roman Abramovitch. Provenant également de cette fameuse embarcation – dont les éléments de décoration étaient tous dispersés ici – une série de céramiques de la créatrice contemporaine Ursula Morley Price a obtenu de beaux scores, à l’image d’un vase en grès porcelaineux blanc, à côtes ondulantes (diam. 18, h. 15 cm), vendu 2 604 €. L’horlogerie n’était pas en reste, avec un lot exceptionnel : le Millenium Set de Patek Philippe, ferraillé jusqu’à 64 480 €. Ce coffret complet recèle quatre montres-bracelets en or jaune, or blanc, or rose et platine, conçues pour célébrer le passage au nouveau millénaire en l’an 2000.

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