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Une comtesse et un prince face à face

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Camille Borghèse sous le pinceau de Kinson et Édith de Beaumont sous le crayon de Picasso, deux figures de leur temps justement honorées dans le nôtre.

Une comtesse et un prince face à face
François-Joseph Kinson (1770-1839), Le Prince Camille Borghèse, duc de Guastalla, en uniforme de général de division, portant la Toison d’or et les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur et de la Couronne de fer, huile sur toile, vers 1808, 193 130,5 cm.
Adjugé : 134 400 

Le portrait du prince Camille Borghèse (1775-1832) avait orné de sa belle prestance la page 31 de la Gazette n° 42 (voir l'article Un portrait inédit de Camille Borghèse par François-Joseph Kinson). La forte impression produite s’est concrétisée par un résultat de 134 400 €, offrant au peintre François-Joseph Kinson un record du monde (source : Artnet). Ironie de l’histoire, le jeune noble devançait ainsi son beau-frère Jérôme Bonaparte, lequel avait obtenu 112 000 € pour son portrait réalisé par le même artiste le 16 juin 2010 (Hampel Fine Art Auctions, Munich). Cela dit, il passait à l’époque pour le plus riche des princes romains… Napoléon ne lui laissa guère d’autre choix que d’épouser sa sœur Pauline en 1807, l’obligeant également à lui céder sa collection d’objets d’art – c’est ainsi que le musée de la villa Borghèse fut transporté en France. En remerciement de tous ces bons services, il le nomma grand dignitaire de l’Empire et gouverneur général des départements du Piémont, de Gênes et de Parme en 1808 – l’année même où le Flamand Kinson le fixe en uniforme de général de division, portant haut ses décorations. On comprend qu’à la chute de l’Empire le prince ait rompu toute relation avec les Bonaparte… Rien de tel n’arriva à la comtesse Édith de Beaumont (1877-1952 - Voir l'article Picasso ingresque et des élégantes par Van Dongen page 69 de la Gazette n° 43). Avec son mari Étienne, elle a compté parmi les mécènes des avant-gardes. Ainsi fréquente-t-elle Pablo Picasso, qui fixe son portrait (34 24 cm) en janvier 1921, lorsqu’il renoue avec le grand classicisme de la figuration ingresque – la date de 1944 portée sur la feuille correspond à l’année où l’artiste espagnol l’offrit à la dame. Ce trait de crayon abouti séduisait à 140 800 €. Deux autres œuvres sur papier se faisaient à leur tour remarquer, chacune signée d’un grand nom européen du XXe siècle. Les Travaux d’Alexandre (26 34 cm), un dessin au crayon gras réalisé par René Magritte (1898-1967) en 1963, étaient payés 128 000 €, alors qu’un typique Portrait d’élégante (58 47 cm) du mondain Kees Van Dongen (1877-1968) ajustait son rouge à lèvres à 64 000 €.

mardi 07 décembre 2021 - 14:30 (CET) - Live
Tessier & Sarrou et Associés
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