B.V.R.B., quatre initiales qui font mouche

Le 01 novembre 2018, par Anne Doridou-Heim
Bureau de pente de forme mouvementée en placage de bois de rose marqueté de branchages en bois de bout toutes faces, ornementation de bronzes dorés, intérieur à un casier, trois petits tiroirs et deux secrets, estampillé B.V.R.B., époque Louis XV.
Adjugé : 163 750 €

Il avait tout pour plaire : des proportions harmonieuses, l’élégance des formes, la délicatesse du décor en marqueterie, la légèreté de son jambage… et une signature prestigieuse. Toutes ces qualités ont mené ce petit bureau de pente en placage de bois de rose (reproduit ci-contre et en couverture de notre numéro du 28 septembre), estampillé «B.V.R.B.», à 163 750 €, soit au double de son estimation. B.V.R.B., acronyme de Bernard II Van Riesen Burgh, appartient à une dynastie d’ébénistes arrivés de Hollande à la fin du XVIIe siècle, dont il est le membre le plus éminent. Il œuvrait pour une riche clientèle, à laquelle il avait accès via les marchands merciers, dont le rôle capital dans le développement des goûts et celui de l’artisanat est actuellement mis en avant au musée Cognacq-Jay «La fabrique du luxe : les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle», jusqu’au 27 janvier 2019 (voir Gazette no 34 page 205, no 35 page 222 et n37 page 180). C’est par l’entremise de l’un d’entre eux, Lazare Duvaux, que l’ébéniste vendit directement au roi Louis XV, pour le Trianon, un secrétaire aux formes sinueuses et à la marqueterie florale en bois de bout sur fond de bois de rose, deux caractéristiques de son travail. Un autre, tout aussi connu, Thomas-Joachim Hébert, lui permit de livrer en 1737 la fameuse commode en laque à Marie Leczinska destinée à son cabinet de retraite à Fontainebleau (aujourd’hui au Louvre). Ce sont d’ailleurs certainement eux qui ont choisi de limiter son nom à ces quatre lettres. Parce qu’il était trop long, avec une forte sonorité étrangère, ou, plus prosaïquement, parce qu’ils ne souhaitaient pas que leurs riches clients puissent se fournir directement auprès de lui… «Marchands de tout, faiseurs de rien», ne l’oublions pas ! Lors de cette vente, les couleurs du XVIIIe siècle étaient portées haut et fort. Toujours de l’époque Louis XV, un petit secrétaire de dame galbé à la riche marqueterie de branchages fleuris, signé Delorme (reçu maître en 1748), retenait 22 500 €, un buffet bas étroit formant cartonnier de la fin du XVIIIe, en placage de bois de rose en ailes de papillon, 35 000 €, et une large bergère en noyer relaqué gris sculpté de feuilles d’eau, perles, chutes de piastres et autres feuilles d’acanthe, estampillée Georges Jacob, 21 250 €. Ces résultats permettaient à l’après-midi de se conclure sur un produit total vendu de 770 000 € et 95 % de lots vendus. 

Panorama (après-vente)

Oiseaux des îles

Peints sur trois séries d’assiettes en porcelaine du début du XIXe siècle, des volatiles se présentaient branchés et en ordre rangé mercredi 24 octobre à Drouot, chez Beaussant Lefèvre (M. Vandermeersch). Les trois ensembles étaient de Paris, affichant une polychromie très fraîche, rehaussée par l’or du fond des ailes. Les deux premiers (vingt-six et douze pièces) emportaient 20 625 € chacun. La troisième série (seize assiettes) provenait de la manufacture des Darte, active entre 1804 et 1832, installée tout d’abord rue de Charonne, avant de déménager pour la rue voisine de la Roquette. Elle se rangeait à 25 000 €.

mercredi 24 octobre 2018 - 13:45 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Beaussant Lefèvre
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