Ruhlmann, le luxe à la française

Le 01 avril 2021, par Sophie Reyssat

Ce siège au style intemporel témoigne de la modernité du créateur emblématique de l’art décoratif.

Émile-Jacques Ruhlmann (1879-1933), bergère à dossier cintré en ébène de Macassar, dite « boudoir redhead » ou « confortable redhead », garniture et tapisserie entièrement anglaisées, en velours de laine d’origine, vers 1928-1933, estampillée « RUHLMANN » au fer à chaud, 94,5 68,5 90 cm.
Adjugé : 51 000 €

Qualité d’exécution, choix subtil du précieux ébène de Macassar, dont les sombres veinages, nuancés de zébrures d’un brun cuivré, semblent tracer la ligne impeccable du siège… tout l’art d’Émile-Jacques Ruhlmann tient dans ce siège, dont l’estimation haute était plus que doublée. Réalisé à la fin de la carrière de celui qu’on a nommé « le Riesner de 1925 », il témoigne de la sobriété vers laquelle il tend alors. Le modèle de cette bergère, déclinée en plusieurs versions et qui se présente ici avec des pieds en bois, a été présenté au XXe Salon des artistes décorateurs, à Paris, en 1930 (voir l'article Ruhlmann, intemporel de la Gazette n° 12, page 90). Restons dans la période art déco pour signaler les 7 100 € obtenus par un guéridon fabriqué vers la même époque dans le goût d’Edgar Brandt. Autour d’un fût central, ses quatre jambages à enroulements décorés de crosses, en fer forgé moitié patiné et moitié chromé, forment des consoles s’appuyant sur une base circulaire de marbre veiné pour soutenir un plateau du même matériau, cerclé d’une frise d’oves elle aussi en fer forgé (h. 72,5, diam. 71,5 cm). Signalons encore les 7 900 € obtenus par une montre de dame Audemars Piguet, un modèle « royal oak » en or jaune avec dateur à trois heures, conservé dans son écrin d’origine. La Femme romaine à la cruche, peinte à l’huile sur carton par Alexandre-Jean-Baptiste Hesse, séduisait à hauteur de 5 100 € (30,5 21,5 cm).

dimanche 28 mars 2021 - 02:00 - Live
Hôtel des ventes de Chatou - SCP Vincent Dragon
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