Le siècle d’or des faïences de Strasbourg

Le 20 juin 2019, par Philippe Dufour

Le XVIIIe siècle voit fleurir l’art céramique dans la capitale de l’Alsace, sous l’impulsion de la dynastie des Hannong, livrant des pièces d’une grande virtuosité.

Manufacture Paul Hannong, Strasbourg, vers 1745-1754, terrine couverte en forme de pigeon, en faïence à décor polychrome au naturel, marqué à l’intérieur du couvercle et sous le corps «5» en bleu, 24,5 x 34,5 cm.
Adjugé : 24 180 €

Preuve en est cette terrine couverte en forme de pigeon des années 1745-1754 (voir l'article Virtuosité strasbourgeoise de la Gazette n° 22, page 173) : elle se détachait avec 24 180 € d’un ensemble de vingt-six lots illustrant avec éclat l’histoire de ces faïenciers hors pair… et de la bonne tenue de leur cote. Le sympathique volatile est très représentatif de la production de Paul Hannong, qui lance dans les années 1740 une série d’objets spectaculaires en forme de légumes, fruits et animaux. Ces terrines, soupières ou boîtes aux couleurs chatoyantes répondent naturellement au goût rocaille en vogue côté français. Mais elles lorgnent aussi vers l’Allemagne voisine, plus rococo, dont les petites cours n’hésiteront pas à passer commande. Le musée des Arts décoratifs de Strasbourg conserve un ensemble unique de ces artefacts utilitaires en trompe l’œil, parmi lesquels une impressionnante terrine prenant la forme d’un dindon de 47 cm de hauteur, et encore un incroyable encrier mêlant personnages, melons et citrons… Quant aux pièces de services de table, elles étaient ici emmenées par un grand plat ovale - d’une longueur de 45 cm - à décor polychrome représentant «deux Chinois de type fin». Toujours issu de la manufacture de Paul Hannong, et datant des années 1765-1770, il recueillait 14 632 €. Rappelons que, dès 1740, le faïencier introduisit dans ses ornements cet inimitable «pourpre de cassius» qui devait devenir sa marque de fabrique. On regagnait ensuite le XXe siècle, avec des bronzes de José Maria David, décrochant de bons résultats, comme les 9 920 € attribués à une malicieuse Guenon dérobant des oranges. La sculpture était signée sur la terrasse, numérotée 5/8, et munie du cachet de la Fonderie de la Plaine de Paris. Enfin, un retour à l’art de la céramique avec un cendrier de Pablo Picasso pour Madoura : orné d’un oiseau ébouriffé, il était à vous pour 1 860 €.

samedi 08 juin 2019 - 14:00 -
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