Jacob De Backer redécouvert

Le 18 juin 2020, par Sophie Reyssat

Avec cette Suzanne, Jacob De Backer mêle réalisme flamand et élégance italienne.

Jacob de Backer (vers 1540-1585), Suzanne et les Vieillards, panneau, 124 167 cm, cadre en bois sculpté et doré, travail du sud-ouest de la France d’époque Louis XIV.
Adjugé : 500 000 

La rareté des œuvres de Jacob de Backer, la qualité de ce tableau, et sa fraîcheur sur le marché justifiaient que l’on se batte pour lui, à cinq fois son estimation. Acquis en vente publique en 1968, et alors attribué à Perino del Vaga, ce panneau reprenait en effet pour la première fois le chemin des enchères. Il illustre à merveille l’influence maniériste de l’Italie du XVIe siècle sur les peintres flamands (voir l'article De Backer, peintre rare à découvrir de la Gazette n° 23, page 106). Le reste de cette vacation classique était marqué par de nombreuses acquisitions au-dessus de l’estimation haute, et plus de 75 % de lots adjugés. Les plus beaux résultats concernent des pièces provenant de la même collection que ce tableau. Il fallait ainsi prévoir 33 750 € pour un cartel sur gaine d’époque Louis XIV en marqueterie Boulle, surmonté par l’effigie en bronze doré de Chronos veillant sur un mouvement signé «Gaudron à Paris». 15 625 € étaient en outre prononcés pour une pendule en bronze à double patine, réalisée à l’étranger au tournant du XIXe siècle. Une urne sommée d’un bouquet accueille son cercle tournant. Richement ornée d’acanthes et de pampres ciselés, ponctuée d’anses terminées par des mascarons barbus, elle repose sur quatre dauphins crachant des jets d’eau dans des coupes portées par des sphinges. Le raffinement était également au rendez-vous, grâce à la manufacture de Sèvres, imitant les grès fins de Wedgwood avec une plaque en porcelaine montrant L’Enlèvement d’Hélène, façonné en bas relief. 26 250 € étaient nécessaires pour ce tableau (18,9 29,6 cm), dont le modèle a été créé sous la direction de Louis-Simon Boizot en 1791. Un autre rapt, celui d’une Sabine par un soldat romain, était évoqué dans l’ivoire, sculpté en Allemagne du Sud ou en Autriche au tournant du XVIIIe siècle. 10 000 € étaient prononcés pour ce groupe, au pied duquel se tient Cupidon jouant avec son arc.

dimanche 14 juin 2020 - 14:30 - Live
3, impasse des Chevau-Légers 78000 Versailles
Versailles Enchères
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne