Au son d’un violoncelle de Bernardel Père

Le 04 février 2021, par Philippe Dufour

Plusieurs surprises de poids ont émaillé ce samedi, préparées par le grand luthier français et l’ébéniste virtuose Thomas Hache.

Auguste Sébastien Bernardel, dit Bernardel père (1798-1870), violoncelle, 1844, étiquette originale de l’auteur et deux paraphes, table en épicéa, fond en érable ondé d’Amérique, vernis rouge brun sur fond doré, longueur coffre 75,5 cm.
Adjugé : 102 660 

Une fois n’est pas coutume : c’est un instrument de musique qui a pris cette fois la première place d’une vacation classique, composée de tableaux et mobilier anciens, avec 102 660 €. Il est vrai que l’on peut déchiffrer sur ce violoncelle une étiquette originale portant le nom de son auteur (accompagnée de deux paraphes autographes) : Auguste Sébastien Bernardel, dit «Bernardel Père» (1798-1870). L’instrument (longueur du coffre 75,5 cm), fabriqué en 1844, possède une table en épicéa, avec fond d’une pièce en érable ondé d’Amérique, le tout étant revêtu d’un vernis rouge-brun sur fond doré. Né à Mirecourt, Bernardel devient l’élève de Nicolas Lupot – le fameux «Stradivarius français» –, avant de devenir célèbre et d’obtenir maintes récompenses, telle une médaille d’or à l’Exposition de Paris de 1849. Précisons encore que notre luthier a inventé la touche biseautée, que l’on retrouve naturellement sur ce violoncelle. Autre chef-d’œuvre faisant appel aux plus belles essences : une commode en marqueterie dite «à l’italienne» par le grand Thomas Hache (voir l'article Thomas Hache à l’italienne de la Gazette n° 3, page 92). Elle est richement ornée de rinceaux feuillagés et de fleurs, cornes d’abondance et autres feuilles d’acanthe, convoquant noyer brûlé, loupes de sycomore, noyer, houx, buis, ou encore olivier ; de très nombreux bronzes dorés et ciselés l’embellissent aussi (84,7 126,2 61 cm, au marbre). Pour ce meuble, qui sera reproduit dans le second tome de l’ouvrage consacré aux Hache par François Rouge – à paraître prochainement aux éditions Faton –, il fallait avoir prévu 43 820 €. Se dressait ensuite une touchante Vierge de calvaire, en bois sculpté polychrome, seul vestige d’un groupe élaboré en France vers la fin du XVIe siècle (h. 74 cm). Marie est tournée à gauche, levant le bras en direction du Christ et tenant sa robe en main droite ; elle n’a pas manqué d’attirer 16 400 €.

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