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Le Gainsbourg de Juliette Gréco

Le 25 novembre 2021, par Anne Doridou-Heim

Les souvenirs de cette «jolie môme» ont touché le public : ses bijoux bien sûr, mais surtout une peinture de Gainsbourg et un portrait de Foujita.

Le Gainsbourg de Juliette Gréco
Serge Gainsbourg (1928-1991), Les Enfants au square, huile sur toile, 33 45,5 cm.
Adjugé : 134 500 

À peine plus d’un an après sa disparition, Juliette Gréco (1927-2020) – ou plus exactement les souvenirs de toute une vie – était de nouveau sous les projecteurs. La voix de la chanteuse semblait encore résonner et ses admirateurs étaient venus nombreux pour tenter d’emporter un petit morceau d’intimité… tant et si bien que les quelque 800 numéros, dispersés sur trois jours, produisaient un peu plus de 1,2 M€. Les bijoux et objets de vitrine étaient les premiers à monter sur scène. Une bague jonc en or pavée de rubis calibrés, montés en serti mystérieux par Van Cleef & Arpels, partait ainsi à 37 120 €. Un clip en or jaune de la maison Cartier en forme de canard, au corps formé d’une perle baroque, prenait son envol à 28 160 € – faisant jeu égal avec un modèle «Coccinelle» aux élytres en corail clouté de diamants. Quant à l’original et précieux carnet d’adresses de l’artiste-interprète, en or jaune imitant la vannerie de Van Cleef & Arpels (voir l'article Succession Juliette Gréco, chanteuse, actrice et muse de la Gazette n° 40, page 59), il livrait ses secrets – les coordonnées téléphoniques de nombreuses célébrités des grandes heures de Saint-Germain-des-Prés – à 11 520 €. Les peintures et œuvres sur papier s’apprêtaient en coulisses pour le lendemain. Le moment le plus attendu était la présentation d’une huile sur toile de Serge Gainsbourg, l’une des rares qu’il n’ait pas détruites, rappelant son amour premier pour la peinture avant que la chanson ne l’emporte définitivement. La petite huile, titrée Les Enfants au square, le représente aux côtés de sa jeune sœur. Selon Élisabeth Levitsky, sa première épouse, le compositeur aurait coupé le châssis et réduit la toile avant de l’offrir à Gréco en juillet 1959, après avoir participé avec elle à l’émission de radio «Soyez les bienvenus». La chanteuse confiait en 2010 qu’il lui avait dit alors : «J’ai tout brûlé, tout détruit, je vous donne ça. C’est la seule qui reste.» Ce n’est pas tout à fait juste, même si ses œuvres sont extrêmement rares… Celle-ci emportait 134 500 € et signait un record du monde (source : Artnet). La Petite Gréco au chat de Léonard Tsuguharu Foujita (92 160 € - voir page de droite) porte aussi une jolie histoire. Le peintre d’origine japonaise a offert ce tableau à celle qui admirait son travail – et qui lui rendait souvent visite dans son atelier de la cité Falguière – le jour de son mariage avec l’acteur Philippe Lemaire, le 25 juin 1953.
 

Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), La Petite Gréco au chat, 25 juin 1953, pinceau et encre de Chine sur papier, 30 x 23,3 cm (détail).
Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), La Petite Gréco au chat, 25 juin 1953, pinceau et encre de Chine sur papier, 30 23,3 cm (détail).
Adjugé : 92 160 
© Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2021
jeudi 18 novembre 2021 - 18:00 - Live
Crait + Müller
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