Oeben, Rubestuck et Criaerd

Le 23 octobre 2019, par Sophie Reyssat

Les ébénistes du XVIIIe siècle étaient salués, en trois commodes…

Jean-François Oeben (1721-1763), transition des époques Louis XV et Louis XVI, commode à léger ressaut central en placage de satiné, de sycomore teinté vert et d’amarante, cinq tiroirs et deux vantaux, intérieur plaqué de bois de rose, dessus de marbre brèche d’Alep (restauré) et bronzes dorés, estampille «J.F. Oeben» et poinçon de jurande, 85 135,5 57,5 cm (restaurations dans la caisse).
Adjugé : 90 000 


Comme escompté, trois commodes du XVIIIe siècle figurent parmi les meilleurs résultats de cette première dispersion du nouveau département «Grands siècles» créé par la maison Osenat à Versailles. Le modèle reproduit est dû à Jean-François Oeben, ébéniste mécanicien du roi passé à la postérité pour le bureau qu’il débuta pour le souverain en 1761, et qui fut achevé par Jean-Henri Riesener. Si la commode à la grecque ici présentée, d’une ornementation plus sobre, a eu un destin moins auguste, elle a néanmoins été saluée pour son élégance, en étant disputée au quadruple de son estimation (voir l'article Oeben et Rubestuck de la Gazette n° 35, page 99). Attendue au plus haut à 15 000 €, la paire de petites commodes estampillées par François Rubestuck, faisant la transition entre les époques Louis XV et Louis XVI, était elle aussi remarquée, à hauteur de 33 750 €. Marquetés de trophées de musique et de bouquets de fleurs, ces meubles associent bois de rose et sycomore teinté vert pour faire ressortir leurs ornements sur un fond de platane teinté tabac. Notamment rehaussée de chutes en bronze doré à cartouches ajourés et de fleurettes, échos aux branchages fleuris et aux pruniers animés d’oiseaux de son décor de laque européenne polychrome, une commode d’époque Louis XV recueillait 21 875 €. Elle est estampillée Criaerd. D’autres succès s’affichaient aux cimaises, 25 000 € étant requis pour Le Repos pendant la fuite en Égypte, peint sur panneau, vers 1510, par un artiste de l’école anversoise. Représentés de profil, à l’antique, et cette fois sculptés dans le marbre blanc, daté 1698, un homme et une femme en médaillons formant pendants étaient décrochés pour 22 875 €, sur une estimation haute de 8 000 €. Le succès attendait également la fontaine en faïence produite à Nevers vers 1680, emportée moyennant 11 875 € (voir Gazette n° 35, page 98).

dimanche 20 octobre 2019 - 14:30 - Live
Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud 78000 Versailles
Osenat
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne