La Dernière Rose de Josef Sudek

Le 24 septembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Josef Sudek faisait parti des lauréat de la dispersion du fonds de photographie ancienne de la liquidation judiciaire de la SAS Signatures.

Josef Sudek (1896-1976), La Dernière Rose, 1956, épreuve argentique vers 1960, 29,5 23,5 cm.
Adjugé : 8 008 

Créée sur le même modèle qu’Aristophil, la société Artecosa-Signatures proposait des placements hasardeux de même nature et qui se sont malheureusement soldés par les mêmes effets (voir l'article Jan Lukas, ténors de la photo tchèque de la Gazette no 31 du 11 septembre, page 48). La première vente relative à sa liquidation judiciaire – la prochaine concernera des autographes – dispersait le fonds de photographies anciennes. Les résultats ont été supérieurs aux attentes, lesquelles ne pouvaient être que raisonnables, notamment pour les épreuves des artistes tchèques. Josef Sudek (1896-1976) en est l’un des principaux représentants : La Dernière Rose, un tirage argentique vers 1960 d’une image iconique de 1956 capturant des fleurs dans un vase devant une vitre embuée, s’y posait à 8 008 €. La rétrospective du Jeu de Paume lui étant consacrée à l’été 2016 s’intitulait justement «Le monde à ma fenêtre» : elle resituait son travail dans le contexte bouillonnant du Prague de la première moitié du XXe siècle et reflétait la relation de la photographie de Sudek au monde environnant. L’étonnante Crucifixion de son compatriote Jan Lukas (1915-2006 - Voir Gazette ci-dessus mentionnée) se laissait emporter à 915 € et l’énigmatique Slépé (Empreinte) de Vaclav Chochola (1923-2005), à 1 716 €. Dans un autre esprit, un résultat de 5 148 € venait récompenser l’Inconnue de la Seine, saisie en 1927 par Albert Rudomine (1892-1975). Quant aux F.F.I de Robert Doisneau (1912-1994), c’est à 4 118 € qu’ils lançaient leurs bouteilles incendiaires lors de la libération de Paris le 22 août 1944.

Panorama (après-vente)

La pub en tube photographique

Cette épreuve publicitaire argentique d’époque a été prise par Jaroslav Rössler, l’un des membres les plus en vue de l’avant-garde tchèque.

Vendredi 18 septembre à Drouot, Le Floc’h (M. Romand) dispersait le fonds de photographies de la SAS Signatures. Parmi les pièces qui suscitaient le plus d’intérêt, cette épreuve publicitaire argentique d’époque prise par Jaroslav Rössler (1902-1990), l’un des membres les plus en vue de l’avant-garde tchèque, pour la crème de savon à barbe Gibbs. Un «must shave» des années 1930 ! L’entreprise – dont le nom a été déposé en 1910 – était à la pointe du marketing et proclamait haut et fort qu’avec ses produits «se raser devient un plaisir». Ce tirage de 1932 (24 17,5 cm) l'était de frais à 11 668 €.

vendredi 18 septembre 2020 - 13:30 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Le Floc'h , Le Floc'h
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne