La vérité est belle à contempler

Le 12 mars 2020, par Anne Doridou-Heim

Les livres illustrés modernes chantaient les louanges d’un trio gagnant de l’art déco : Mardrus, Schmied et Dunand.

Joseph Charles Mardrus (1868-1949), Le Livre de la vérité de parole, Paris, 1929, illustré de cinquante-quatre compositions ou ornements dans le texte et de douze planches en couleurs de François-Louis Schmied (1873-1941), reliure de Schmied également ornée d’un laque original de Jean Dunand (1877-1942).
Adjugé : 26 250 

Joseph Charles Mardrus (1868-1949) est entré dans l’histoire de la littérature pour sa traduction des Mille et une nuits, un travail de longue haleine débuté en 1899 et achevé par une publication en 1904. Orientaliste reconnu également, né en Égypte et élevé au Liban avant de poursuivre ses études en France, il s’intéresse dès 1915 au mysticisme des cultures antiques et des religions, livrant de nouvelles publications qu’il appelle «traductions», car puisées dans les textes sacrés. Ainsi du Livre de la vérité de parole, paru en 1929, dans lequel il compile des textes funéraires de l’ancienne Égypte. La rencontre avec François-Louis Schmied (1873-1941), attiré par un Orient idéalisé, est inéluctable. Celui-ci maîtrise peu à peu tous les métiers du livre, ce qui va l’amener à en concevoir et produire dans leur intégralité avant de les éditer. Pour Mardrus, il signe l’enrichissement de celui-ci, prenant en charge illustrations, maquette, typographie et reliure, s’adjoignant également le talent de Jean Dunand (1877-1942) – le laqueur réalisant ici un faucon hiératique. Ce tout premier exemplaire d’un tirage unique à cent cinquante, combinaison de trois des plus grands noms de l’art déco, se découvrait à 26 250 €. La Création, traduction littérale des textes en langue sémitique du même Mardrus, avait connu un sort tout aussi heureux en 1928. Un tirage de cette première édition partait à 5 000 €.

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