Bible arabe ou fêtes vénitiennes, les trésors des Brölemann

Le 23 janvier 2020, par Philippe Dufour

Avec 372 000 € au total, cette dispersion effectuée «en gants blancs» était un succès. Les 259 ouvrages rassemblés par la célèbre dynastie de bibliophiles lyonnais trouvaient tous preneur.

Bible en arabe, Anajil Yasu’ al-Masih Sayyidina al-Muqaddasah, Rome, 1591, «In Typographia Medicea», un volume in-folio, 368 pages.
Adjugé : 26 642 €

De Henry-Auguste Brölemann (1775-1854) à Arthur-Auguste Brölemann (1826-1904), quatre générations de passionnés engrangèrent bien des pépites de papier, pour beaucoup sorties des presses à la Renaissance. À l’image d’une exceptionnelle bible en arabe, Anajil Yasu’ al-Masih Sayyidina al-Muqaddasah, imprimée par la «Typographie médicéenne», à Rome, en 1591 (voir l'article Les Brölemann père et fils, bibliophiles de la Gazette n° 1, page 77). Ce volume in-folio constitue la première édition des Évangiles uniquement en langue arabe, publiée sous la direction de l’orientaliste Giovanni Battista Raimondi, pour être diffusée chez les chrétiens – et les non-chrétiens – du Moyen-Orient. Pour cet étonnant ouvrage, comportant 149 gravures sur bois (dont certaines de Tempesta et de Parasole), il fallait avoir prévu 24 642 €. La mythologie prenait la relève, avec le livre Hystoria Iasonis Thessaliae…, ou le récit de la quête de la Toison d’or écrit par Jacques Gohory, et imprimé à Paris en 1563 par Jean de Mauregard. Le volume in-quarto présente une superbe suite de gravures de l’école de Fontainebleau, d’après Léonard Thiry, et gravées par René Boyvin. Pour lui, on ferraillait jusqu’à 23 040 €. L’histoire naturelle brillait aussi, avec Le Liure des prouffitz champestres et ruraulx. Touchant le labour des champs vignes et iardins… composé par Pierre des Crescens, et imprimé par Phelippe le Noir à Paris en 1532. Pour tout savoir sur les techniques de l’agriculture et du jardinage au XVIe siècle, un amateur offrait 19 590 €. Une femme signait le texte suivant, intitulé Les Angoisses douloureuses qui procèdent d’amours : Marguerite Briet, dite aussi Helisenne de Crenne. Il s’agit de l’édition lyonnaise de 1539 (chez Denys de Harsy) de ce que l’on a pu qualifier de «premier roman sentimental français». Le précieux in-8° remportait 17 865 €. Enfin, le petit in-folio décrivant les habits portés lors des fêtes vénitiennes, Habiti d’huomini…, compilés par Giacomo Franco en 1610, s’enlevait à 11 704 €.

Jacques Gohory, Hystoria Iasonis Thessaliae Principis de Colchica velleris aurei expeditione, un volume in-4°, Paris, 1563, Jean de Maureg
Jacques Gohory, Hystoria Iasonis Thessaliae Principis de Colchica velleris aurei expeditione, un volume in-4°, Paris, 1563, Jean de Mauregard.
Adjugé : 23 040 
samedi 18 janvier 2020 - 14:00 -
8, rue du docteur Joseph-Audic, zone d'activités du Ténénio 56001 Vannes
Jack-Philippe Ruellan
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