Deux sirènes, héroïnes romantiques

Le 02 mai 2019, par Anne Doridou-Heim

La vie romantique du XIXe siècle se déclinait des cartonnages aux capelines à la mode, en passant par des bijoux.

Attribué à Jean-Valentin Morel (1794-1860), vers 1845, bracelet rigide ouvrant en or, argent et émaux polychromes figurant deux sirènes soutenant un coquillage au fond duquel repose une perle baroque, poids brut 75,8 g.
Adjugé : 25 600 

Avec l’art chinois, on est habitué à voir les dragons pourchasser la perle sacrée dans les nuages. Sur ce bracelet attribué à l’orfèvre parisien Jean-Valentin Morel (1794-1860), dont le parcours était relaté dans la Gazette n°14 du 12 avril (voir l'article Le chant des sirènes page 50), ce sont deux sirènes qui se disputaient une perle baroque. Autres lieux, autres mœurs ! Il fallait débourser 25 600 € pour emporter ce petit morceau d’art, bijou sculptural et ode à la nature à la fois. Quoi de plus romantique qu’une sirène ? Figure solitaire, en proie aux doutes et en butte aux rigidités de la société, amoureuse malheureuse, elle incarne l’idéal de l’héroïne tel qu’offert par la littérature. Place aux écrits, justement, avec la collection L. Messica d’ouvrages présentant des reliures, en cartonnage ou en chagrin, décorées des fers spéciaux des éditeurs. Les dessins du caricaturiste Jean-Ignace-Isidore Grandville (1803-1847) se prêtent parfaitement à cette transposition et sont souvent parmi les plus recherchés. Ici, une édition de 1844 chez Fournier d’Un autre monde, considéré comme son chef-d’œuvre, était disputée jusqu’à 14 720 €, et un exemplaire du Voyage pour l’éternité, paru en 1830, à 6 144 €. À propos de cette série de gravures, Honoré de Balzac écrira : «M. Grandville avait donné de la bêtise aux hommes, de l’esprit aux animaux, il vient de donner de la gaieté à la mort».

Panorama (après-vente)

Effets de satin

Le 02 mai 2019, par Anne Doridou-Heim

La mode de l’époque romantique était bien charmante. Lors de la vente de Tessier & Sarrou et Associés (M. Grassat) du vendredi 19 avril à Drouot, justement dédiée à cette période correspondant presque aux années du règne de Louis-Philippe (1830-1848), une grande capote en satin ivoire, réappliqué de velours découpé à motifs de branches de muguet, virevoltait au vent léger des enchères pour se poser à 3 456 €. Cet accessoire vestimentaire indispensable alors à toute élégante pouvait très bien s’assortir à une robe de bal ou de mariage en soie rose brochée d’un semis de fleurettes polychromes et de petits pois, ajustée vers 1828  et ici à 4 736 €.

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