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Une promenade en tonneau avec Toulouse-Lautrec

Le 18 février 2021, par Philippe Dufour

Dédiée aux estampes de maîtres – du peintre de la nuit parisienne à Chagall –, la vacation rendait aussi hommage à l’un des plus grands marchands et éditeurs d’art du XXe siècle, Ambroise Vollard.

Une promenade en tonneau avec Toulouse-Lautrec
Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Partie de campagne, ou Le Tonneau, 1897, Ambroise Vollard édition, lithographie, impression en couleurs sur vélin blanc mince, timbre rouge orangé (Lugt 1338) et numérotée au crayon, 39,5 50,5 cm.
Adjugé : 41 310 

Fort en vogue à la fin du XIXe siècle, le tonneau est une voiture hippomobile de forme arrondie, avec l’entrée à l’arrière ; c’est aussi le charmant véhicule où se sont embarqués les deux protagonistes de notre Partie de campagne (voir l'article Ambroise Vollard et Henri de Toulouse-Lautrec, pionniers de l’estampe moderne de la Gazette n° 5, page 20). Mais précisons surtout que la lithographie (39,5 50,5 cm) porte le monogramme si recherché d’un certain Henri de Toulouse-Lautrec, et un numéro porté au crayon… La feuille de vélin met en scène deux modèles chers au chroniqueur de la vie parisienne : l’incontournable Misia Natanson, égérie des années 1890, et le peintre britannique Charles Conder. Disputée jusqu’à 41 310 €, l’œuvre avait pour attrait majeur d’être issue du fameux deuxième Album d’estampes de la galerie Vollard édité en 1897, pour lequel le marchand avait demandé à différents artistes du moment de produire un ou plusieurs tirages. Deux ans auparavant, était parue dans l’édition française de Pan, toujours sous le crayon de Toulouse-Lautrec, Mademoiselle Marcelle Lender, en buste, dont on avait ici une très belle épreuve, sur vélin avec timbre rouge orangé (Lugt 1338), en échange de 11 170 €. Il s’agit d’un des 100 exemplaires réalisés de ce portrait de l’élégante actrice, une beauté assez fatale dont s’était entiché Toulouse- Lautrec. L’autre vedette de la session s’appelait Marc Chagall ; treize lithographies de sa main, vendues séparément, cumulaient un total de 151 870 € (triplant l’estimation haute de 50 000 € pour l’ensemble). Neuf d’entre elles, éditées en 1961 par Tériade (53,8 76 cm), illustraient Daphnis et Chloé, l’idylle juvénile décrite par Longus ; parmi ces planches, on notera en particulier Le Verger, vendu 23 788 €… Au final, cette vente de portée internationale, puisque dix pays étaient représentés (dont le Japon, la Russie ou encore le Brésil), devait inscrire plus de 400 000 €, pour 150 numéros.

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Mademoiselle Marcelle Lender, en buste, 1895, lithographie, impression en couleurs sur vélin crème,
Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Mademoiselle Marcelle Lender, en buste, 1895, lithographie, impression en couleurs sur vélin crème, édition française de Pan, tirage à 100, timbre rouge orangé (Lugt  1338) et numérotée au crayon, 32,5 24 cm.
Adjugé : 11 170 

estampes, dessins, tableaux modernes et contemporains, sculptures
mercredi 10 février 2021 - 14:30 (CET) - Live
Marc Labarbe
Gazette Drouot
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