Des bourgeons de Diego Giacometti font le printemps

Le 18 avril 2019, par Anne Doridou-Heim

Diego Giacometti était accompagné par un dessin de Pablo Picasso et une Ombre de Charlotte Perriand.

Diego Giacometti (1902-1985), guéridon, modèle «arbre», bronze à patine brune, plateau en verre fumé, 71,5 74 40 cm.
Adjugé : 304 800 

La semaine dernière, une grande figure de l’art du XXe siècle nous quittait. Claude Lalanne (1924-2019) avait fait de la nature le support de ses créations. En ce sens, elle s’inscrivait dans la lignée de Diego Giacometti (1902-1985), qui, avec ses meubles en bronze d’une rare poésie, a lui-même livré une véritable ode à dame nature. En témoignait un modèle de son guéridon «arbre», en bronze à patine brune (reproduit ci-contre et en couverture de la Gazette no 13 du 15 avril, voir l'article L’ode à la nature de Diego Giacometti), qui libérait ici sa sève à 304 800 €. De la beauté, il y en avait également dans une feuille de Pablo Picasso (1881-1973), une encre de 1923 représentant Trois Grâces debout (29 22,5 cm). Cette œuvre a appartenu à Henry Prunières (1886-1942), un érudit humaniste qui refonda en 1920 La Revue musicale, la plus célèbre des publications d’avant-guerre sur le sujet. Il la dirigera jusqu’en 1939, avec l’ambition toute nouvelle en France de couvrir l’actualité en la matière et d’être un observateur impartial de la musique contemporaine. Prunières demandera à des artistes d’y collaborer par le biais de l’illustration, nous permettant d’y retrouver les plumes d’Antoine Bourdelle, d’André Derain, de Marie Laurencin, de Raoul Dufy et du Malaguène. Ce dessin de belle provenance se hissait à 120 650 €. Deux ex æquo à 35 560 € venaient enrichir ce palmarès, Charlotte Perriand (1903-1999) et Bessie Davidson (1881-1965) : des figures à l’expression très différente, mais ancrées l’une comme l’autre dans l’affirmation de la place féminine dans la démarche créatrice. La première est une designer bien connue et indissociable du XXe siècle. La seconde est une peintre née en Australie, venue à Paris parfaire sa formation et devenue en 1930 vice-présidente de la Société des femmes artistes modernes. Cette Nature morte aux deux bouquets de fleurs (huile sur carton, 73 92 cm) de l’artiste est tout à fait caractéristique de son travail empreint de réalisme. Il en est de même pour la chaise Ombre de Charlotte Perriand, reproduite page 57 de la Gazette no 13 (voir l'article De l’ombre à la lumière). Nul voile ne venait se glisser sur ce modèle, conçu en 1956, après un voyage au Japon, et qui ne fut édité qu’en très peu d’exemplaires en raison de sa fragilité.

vendredi 12 avril 2019 - 13:45 - Live
Beaussant Lefèvre & Associés
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