Femmes du Vietnam par Vu Cao Dam

Le 09 juillet 2020, par Philippe Dufour

L’artiste d’origine asiatique continue à tutoyer les sommets. Ses scènes d’intérieur, où des jeunes femmes mènent leur vie silencieuse, rencontrent toujours le succès, à l’exemple de ce diptyque à Toulouse.

Vu Cao Dam (1908-2000), Jeune Indochinoise accoudée à une balustrade et Jeune Indochinoise se coiffant, 1948, paire de peintures à l’encre et couleurs sur soie marouflée sur carton, la première signée et datée en bas à droite, signature en chinois et en alphabet latin, cachet rouge, dimensions chacune décadrée 3,8 34,3 cm.
Adjugé : 331 250 € la paire

Adjugées ensemble 331 250 €, ces deux peintures verticales, à l’encre et couleurs sur soie marouflée sur carton, montrent une Jeune Indochinoise se coiffant d’une part, et de l’autre une Jeune Indochinoise accoudée à une balustrade. Élaborées en 1948, les compositions évoquent l’atmosphère des dernières années de l’Indochine, ses habitantes et leurs us et coutumes égrenés au fil des heures du jour (voir l'article Vu Cao Dam, une femme à son balcon du Zoom régions n° 25, page 28). Sous le pinceau de l’artiste formé à l’École supérieure des beaux-arts d’Hanoï, la première pourrait symboliser le lever, les précieux débuts de la matinée consacrés à la toilette, avec l’épisode minutieux du coiffage de la longue chevelure ; la seconde évoque déjà l’observation de la vie active, celle de la rue… Découvertes juste après le confinement chez un particulier par Jérôme de Colonges, ces peintures ont même pu passer pour de simples posters, bien dissimulées dans leur encadrement ; achetés à Nice dans les années 1950 par le grand-père des derniers propriétaires, ces deux tableaux avaient été soigneusement conservés. En salle, leur apparition a provoqué une rixe d’enchères, nourrie par une dizaine de collectionneurs venus de tous les horizons, et plus particulièrement d’Extrême-Orient. Alors qu’il était estimé 50 000/80 000 €, ce lot double acquis par un acheteur asiatique présent s’est envolé vers l’enchère à six chiffres, ce qui le situe dans la fourchette haute des prix obtenus par le peintre (source : Artnet). On redescendait de ces hauteurs avec une pièce plus abordable : une sculpture d’Alicia Penalba, l’une des artistes qui renouvelèrent les formes dans les années 1950. Esquisse n° 9 ou Poindre (28 15 18 cm) est une fonte de bronze Da Prato, signée et portant le n° 2/8. Elle nécessitait tout de même 30 000 €.

vendredi 03 juillet 2020 - 02:00 - Live
Ivoire - Primardeco
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