Renoir : au loin, la mer

Le 09 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Présentant une Méditerranée intemporelle, une petite toile du grand Renoir, ayant appartenu à Ambroise Vollard, charmait au-delà des attentes.

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Paysage du Midi, environs de Cagnes-sur-Mer, vers 1885, huile sur toile, 23 46 cm.
Adjugé : 367 080 

Tous les regards étaient tournés vers Marc Chagall (1887-1985) et son image de Juif en prière au lavis, à la gouache, à l’encre de Chine et aux crayons de couleur (voir l'article Chagall et le peuple du Livre page 56 de la Gazette no 25 du 26 juin). Le religieux, plongé dans sa méditation, est resté sourd au bruit des enchères jusqu’au bout. C’est une autre œuvre moderne, due celle-ci au pinceau prolifique de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), qui a emporté tous les suffrages. En effet, une belle bataille a mené ce charmant paysage méditerranéen vers des rivages ensoleillés et un résultat de 367 080 €. Il s’agit d’une petite toile – pas plus haute que de 23 cm et large de 46 –, l’une de ces pochades que le maître aimait à réaliser lorsqu’il était dans sa villa-atelier de Cagnes-sur-Mer avec la mer bleue en contrebas, mais avec un atout de poids. En effet, cette peinture a appartenu aux collections d’Ambroise Vollard, un sésame magique ! On la retrouve d’ailleurs (page 47) dans le tome II de son ouvrage consacré aux Tableaux, pastels et dessins de P.-A. Renoir (Paris, 1918), illustré par le peintre lui-même. Ceci explique donc cela ! Le programme était résolument tourné vers la modernité… Une Vue de Dordrecht et de l’hôtel aux armes de Hollande (panneau, 27 21,5 cm), peinte en 1884 par Eugène Boudin (1824-1898) lors de son voyage aux Pays-Bas, rappelait à 36 064 € combien les maîtres du siècle d’or hollandais avaient été essentiels dans sa formation. Puis s’avançaient Quatre danseuses évoluant (40,3 60,2 cm), un fusain évidemment signé Edgar Degas (1834-1917), évoquant quant à elles la fascination de leur auteur pour le milieu de la danse. Il s’agit d’un véritable moment d’intimité, capturé avec spontanéité par un crayon indiscret et retenu à 38 640 €. Et pour demeurer dans ce registre des sujets typiques des artistes, la Place Saint-Pierre et le Sacré-Cœur de Montmartre (37 45 cm), du prince de la Butte qu’est Maurice Utrillo (1883-1955), se posait à 52 808 €. Plus loin, un Projet de sculpture (31,9 24 cm) exécuté à la mine de plomb, au lavis d’encre et à la plume par Julio Gonzáles (1876-1942) dessinait 25 760 €. Quant au Zèbre circoncis (28,5 38 15 cm) de Pierre Székely (1923-2001), hennissant en page 58 de la Gazette du 26 juin (voir l'article L’esthétique de Pierre Székely), il avançait sans pudeur vers 12 880 €. L’art moderne, décidément très en verve, n’avait pas ménagé ses atouts pour plaire…

jeudi 02 juillet 2020 - 14:30 - Live
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