Regard sur l’art moderne

Le 08 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Van Dongen se révélait une nouvelle fois le maître du portrait féminin, titillé sur son terrain par une œuvre d’Edward Cucuel.

Kees Van Dongen (1877-1968), Jeune femme debout, princesse russe, Venise, 1921, 146 75 cm.
Adjugé : 286 000 

Venise sera toujours Venise et Kees Van Dongen toujours le même : un éternel peintre de la femme, enfin d’une certaine image de celle-ci, mondaine, élégante et distinguée, une question d’apparence. À ceux lui reprochant de ne pas dévoiler l’âme ou le caractère intime de ses modèles, il avait coutume de répondre : «Vous la voyez, vous ? Mon œil ne fait pas de radioscopie.» Son succès lui a très tôt permis de choisir ses figures et ici, c’est une princesse venue de l’Est qu’il représente, posant à Venise, devant San Giorgio Maggiore. Les Ballets russes de Diaghilev font une escale dans la Sérénissime. Van Dongen aussi, et, cédant comme beaucoup au charme de la cité maritime, il en rapporte des paysages comme des images habités d’élégantes. Cette Jeune femme debout, princesse russe, immortalisée en 1921, fixait de son regard cerné de noir un résultat de 286 000 €. Venise, ou plus exactement Le Palais des Doges (33 41 cm), réapparaissait quelques numéros plus loin, cette fois sous le pinceau de Bernard Buffet (1928-1999). L’huile sur Isorel de 1983, montrant une ville vide, emportait 74 100 €. Un autre temps fort de l’après-midi était offert par les 135 200 € cueillant une toile d’Edward Cucuel (1875-1945). Ces Wild Roses (reproduites ci-dessous) inscrivaient un record français sans épines pour leur auteur. L’Américain aux origines allemandes a longtemps vécu entre deux pays, ayant également séjourné en France, où il s’est perfectionné et a exposé aux salons parisiens de l’entre-deux-guerres. Son œuvre met en scène des jeunes femmes évoluant dans des paysages idylliques, et celle-ci en est une délicate illustration. La sérénité teintée d’exotisme du tableau d’Henri Zuber (1844-1909), fixant une Scène animée au Japon avec vue du Fuji-Yama enneigé (voir l'article Le Japon, terre d’élection d'Henri Zuber de la Gazette n° 12, page 46), le menait au résultat de 35 750 €. Il s’agit d’un record mondial (source : Artnet) pour une œuvre de cet artiste, assez rare aux enchères avec des productions de grandes dimensions (204 125 cm).
 

Edward Cucuel (1875-1945), Wild Roses, huile sur toile, 100 x 90 cm. Adjugé : 135 200 €
Edward Cucuel (1875-1945), Wild Roses, huile sur toile, 100 90 cm.
Adjugé : 135 200 
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