Le cubisme au féminin

Le 04 juillet 2019, par Anne Doridou-Heim

Dans le corpus de l’artiste polonaise Alice Halicka, les natures mortes représentent la partie la plus importante, et la plus intéressante !

Alice Halicka (1894-1975), Nature morte cubiste, vers 1916, huile sur toile, 55 46 cm.
Adjugé : 48 100 

Peu fréquente sur le marché français, Alice Halicka (1894-1975) était présente à deux reprises cette semaine à Drouot : lundi avec cette Nature morte cubiste, exécutée vers 1916, et mercredi chez Millon, où trois petites pochades, La Fête juive, La Conversation et Jeune garçon et deux femmes, étaient préemptées par le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme pour respectivement 1 950, 2 080 et 3 900 €. La toile cubiste retenait 48 100 €, et s’installait ainsi sur la troisième marche du podium de l’artiste (source : Artnet). Les spécialistes de cette peintre née en Pologne et membre de l’école de Paris le reconnaissent : dans sa longue et changeante carrière, c’est sa période cubiste qui est la plus intéressante. Établie à Montmartre avec son mari, le peintre Louis Marcoussis (1878-1941), elle y côtoie Gris, Braque, Metzinger, Picasso et bien d’autres. Rien d’étonnant donc à la voir adopter ce nouveau mouvement pictural et introduire dans son langage formel des objets familiers, mis en scène et anoblis en autant de natures mortes. Nous sommes en pleine Première Guerre mondiale : une période autour de laquelle elle livrera semble-t-il sans l’aval de son époux, qui ne souhaitait guère de concurrence au sein de son couple ces compositions qui en feront l’une des rares représentantes féminines du cubisme.

lundi 24 juin 2019 - 14:30 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
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De Baecque et Associés
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