Deux abstraits se retrouvent

Le 19 décembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Abstraction canadienne contre abstraction française aboutissent à une même véhémence informelle et à une égalité parfaite !

Jean-Paul Riopelle (1923-2002), Composition no 20, 1954, huile sur toile, 35 27 cm.
Adjugé : 83 200 

Deux noms parmi ceux des artistes les plus en vue de l’abstraction lyrique ressortaient lors de cette vente conduite par la maison Ader : celui du Canadien Jean-Paul Riopelle (1923-2002), présent avec cette Composition no 20 de 1954, et celui du Français Georges Mathieu (1921-2012), auteur en 1990 d’un Chemin des possédés (97 130 cm) sous la forme d’une toile sombre, striée de rouges et de noirs. Le second se retrouve régulièrement sur les cimaises de Drouot, alors que le premier s’y montre plus rarement. Riopelle débarque en France en 1947, l’année même où la galerie du Luxembourg consacre une exposition au groupe Automatisme, dont il est l’un des jeunes membres et qui revendique l’impulsivité de l’acte pictural pour une régénérescence de l’art. Il a définitivement renoncé à toute référence figurative et élabore un langage lyrique et abstrait éminemment personnel, fondé sur la spontanéité gestuelle, qui lui fera intégrer le courant d’avant-garde de l’art dit «informel». C’est en ces lieux qu’il fait justement la connaissance de Mathieu. Celui-ci l’invitera en mars 1951 à exposer au sein d’un groupe international, avec Bryen, Hartung, Wols, De Kooning et Pollock, réuni à la galerie Nina Dausset sous le titre «Véhémences confrontées». Beaucoup d’autres seront organisées et les deux hommes ne cesseront de se suivre. C’était encore le cas ici, où chacune de leurs œuvres recevait 83 200 €. Une belle confraternité.

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