Lignes sur papier par Bernar Venet

Le 10 juin 2021, par Anne Doridou-Heim

Bernar Venet, Le Corbusier, Zao Wou-ki et Vieira da Silva, quatre signatures pour autant d’illustrations de la vitalité des feuilles modernes

Bernar Venet (né en 1941), Undetermined Line, 1989, gouache, 133 150 cm.
Adjugé : 102 400 

Une nouvelle fois, une œuvre sur papier de Charles Jeanneret, dit Le Corbusier (1887-1965), se retrouvait à Paris sous le marteau de la maison Ader. Après le Taureau vendu 153 600 € le 8 décembre dernier (voir l'article Le Corbusier au dessin, Christo à l'empaquetage de la Gazette n° 45 du 18 décembre 2020, page 47), c’est au tour de Chez soi ou le Soir (68,5 99 cm), une gouache de 1960 dédicacée à un ami et proche relation de travail, l’ingénieur Georges Présenté (voir l'article Le Corbusier dessinateur de la Gazette n° 21, page 52), de retenir 192 000 €. Les enchères grimpent et les feuilles modernes se ramassent sans compter – enfin, 1 666 470 € pour l’ensemble des œuvres de cette vente. Quelques numéros plus loin, cette gouache de Bernar Venet s’envolait à 102 400 €. Il s’agit d’un grand papier (133 150 cm) tracé en 1989, acquis à la galerie Louis Carré et reproduit dans le catalogue de la galerie Templon en 1990. – autant dire, un très beau pedigree qui a évidemment joué en sa faveur. Artiste conceptuel, célèbre pour ses sculptures en métal et son exploration de matériaux différents (charbon, asphalte…), Venet a transposé le volume de ses œuvres dans la bidimensionnalité du papier. Sa faculté d’abstraction intellectuelle et son goût pour l’expérimentation lui valent dès les années 1960 une place à part dans le milieu de l’art contemporain et lui ouvrent les portes du succès. Il continue à tracer sa voie et vers 1980, met en place la structure de base de ses «Lignes indéterminées». Réalisées en acier, on les croise dans les mégapoles du monde, de Paris à Tokyo en passant par San Francisco, Austin, Berlin… et en dessin dans les collections les plus pointues ! C’est ensuite Zao Wou-ki (1920-2013) qui offrait – en échange de 140 800 € tout de même – une Composition (37,4 28 cm) à l’aquarelle datée 1961. On ne présente plus l’artiste franco-chinois, mais on ne se lasse pas de découvrir ses œuvres. Concluons par les 87 040 € récompensant une dernière Composition (35,5 42 cm) de Maria Helena Vieira da Silva (1908-1990). La fraîcheur des feuilles modernes n’en a pas fini de nous surprendre et de séduire les amateurs, et c’est tant mieux !

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne