Le Corbusier au dessin, Christo à l'empaquetage

Le 17 décembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Le Corbusier sous le signe du taureau et Christo, génial empaqueteur, emballaient les enchères.

Charles Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier (1887-1965), Taureau, collage de papiers gouachés, papier noir, gouache blanche et encre de Chine sur papier, 79 90 cm.
Adjugé : 153 600 


L’art d’après-guerre se manifestait chez Ader et totalisait 635 232 €, grâce notamment à deux pièces emblématiques de leurs auteurs. La première est un projet dessiné par Christo (1935-2020) en 1976 préfigurant l’empaquetage du Pont-Neuf en 1985. Reproduite en couverture de la Gazette n° 42 du 27 novembre (voir l'article Christo ligote le Pont-Neuf), l’œuvre sur papier (56 71 cm), aussitôt identifiable, rappelait ce happening gravé à tout jamais dans les mémoires d’une époque où Paris était encore à la fête… Pour ce souvenir qui honorait aussi celui de l’artiste, disparu le 31 mai dernier, il fallait déposer 99 680 €. Christo n’a pu mener à bien le dernier projet qui lui tenait à cœur, l’habillage de l’Arc de triomphe. Ce serait un joli signe d’espoir que le monument public, malmené il y a peu, puisse revenir ainsi dans la lumière en 2021 et que la capitale renoue avec cette tradition artistique qui lui va si bien. Ainsi que le rappelait l’article de la Gazette du 27 novembre (page 59), un Taureau du Corbusier (1887-1965) avait déjà montré ses cornes chez Ader en juin dernier. Réalisé en 1963 à partir d’un collage de pièces de papier gouaché et à l’encre de Chine, il ressortait sur un fond rose pastel. Celui présenté cette fois, non daté mais réalisé selon la même technique, est beaucoup plus coloré et joue de noir, bleu, rouge et vert foncé, qui conviennent d’ailleurs mieux à son humeur ombrageuse. Lorsque l’architecte – qui aimait tout autant se faire peintre et dessinateur – s’intéresse au thème mythologique du taureau, il a déjà 65 ans et plus rien à prouver. On peut y voir une sorte de bilan pictural, qu’il déclinera en dix-neuf grandes huiles et une tapisserie rebrodée, devenue le rideau de scène du Bunka Kaikan Theater à Tokyo. Pour les réaliser, il pratiquait des tests de couleur. Un essai ici transformé à 153 600 €.

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