Le bronze d’art, à la manière de Volti ou de Gayrard

Le 19 décembre 2019, par Philippe Dufour

D’une grande sensualité, une statuette de bronze patiné était très attendue à Senlis, car résumant à merveille l’art du sculpteur d’origine italienne.

Antoniucci Volti (1915-1989), Jouvence, épreuve (grand modèle) en bronze à patine foncée, signée par l’artiste en creux et numérotée 5/8, cachet de fondeur : «Godard, cire perdue», 49 21 20 cm.
Adjugé : 37 200 

Le résultat devait être à la hauteur des attentes : 37 200 € pour cette sculpture d’Antonio Volti, dépassant largement l’estimation maximale de 25 000 €. Il faut souligner qu’il s’agissait de la grande version de Jouvence, le nom de l’œuvre. Cette figure juvénile, assise et pensive, arbore des formes très épanouies, toujours appréciées des admirateurs de l’artiste. S’apparentant à la tradition d’une certaine statuaire antique archaïsante et aux recherches d’Aristide Maillol, qui révolutionna la sculpture par ses formes pleines, le travail de Volti contraste de manière spectaculaire avec la ligne aiguë des volumes des années 1950 et 1960. L’autre plasticien mis en lumière lors de la vacation senlisienne s’appelle Paul Gayrard (appelé plus communément Raymond Gayrard). Né en 1807 à Clermont-Ferrand et mort à Enghien-les-Bains en 1855, ce sculpteur et médailleur de talent a connu une carrière assez brève, mais brillante. Ancien élève de François Rude et David d’Angers, il expose régulièrement au Salon, à Paris. Il excelle surtout dans la représentation de personnalités françaises, tout en s’affirmant comme un important sculpteur animalier. C’est sous cette casquette qu’on le retrouvait ici, puisque signant un Cheval d’attelage harnaché et bridé, un bronze à patine brune nuancée, signé sur la terrasse, portant la marque du fondeur Boyer. L’œuvre, séduisante (66 57 18 cm), était adoptée pour 13 400 €.

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