Sous le regard des Dans et d'un bouddha

Le 06 octobre 2021, par Sophie Reyssat

Ce masque évoque plusieurs facettes d’un peuple sédentarisé en Côte d’Ivoire depuis le XVIIIe siècle.

Côte d’Ivoire, Pays dan. Masque royal «go ge» avec sa coiffe, bois à patine d’usage, pigments et fibres, 23 41 cm, socle en métal patiné.
Estimation : 15 000/20 000 €. Adjugé : 19 375 €

Bien que cette vente se concentre sur les œuvres européennes, deux visages feront voyager en Afrique et en Asie. Ce masque est remarquable à plus d’un titre, les coiffes de telles pièces étant rarement conservées. Celle-ci est particulièrement travaillée, les fibres végétales sont tressées pour former différents types de nattes, dont l’entrelacement compose une coiffure artistiquement élaborée. Elle est à rapprocher de celle du musée Barbier-Mueller de Genève, appartenant à un masque décrit comme royal, dit «go ge», ne sortant qu’aux grandes occasions. Le volume imposant de la coiffure contraste avec la finesse du visage en amande délicatement sculpté, ouvrant de larges orbites rondes sur le monde. Permettant d’avoir un champ de vision élargi, elles sont caractéristiques des masques «gunye ge» portés lors des courses de la saison sèche, et revenant au vainqueur. Bien que d’un diamètre légèrement plus petit, on les retrouve également sur les masques «zakpei ge», peints ou couverts d’un tissu rouge. Utilisés à la même période de l’année, ils sortaient aux heures les plus chaudes, afin de contrôler les feux des cuisines. L’autre visage de l’après-midi sera celui de Bouddha, dont la tête en calcaire a été sculptée en Chine à l’époque Wei (386-557). Il faudra prévoir entre 30 000 et 40 000 € pour cette sculpture ayant appartenu à Charles Vignier, un spécialiste de l’Asie qui était expert à Drouot dans les années 1920-1930.

Panorama (avant-vente)

Tabatière du milieu du XVIIIe

Le 06 octobre 2021, par Sophie Reyssat


Cette boîte illusionniste, imitant un panier de vannerie contenant des cerises feuillagées, est une tabatière en or et émail fabriquée à Paris vers 1750 (poids brut 106,3 g, 4,5 6,5 cm). Elle séduira les collectionneurs par sa délicatesse et sa modernité, le dimanche 10 octobre à Saint-Cloud (Le Floc’h OVV). Son maître-orfèvre n’est identifié que par des initiales : «LB». D’autres pièces en forme de corbeille de fruits sont connues dans la production de Charles-Jacques de Mailly (1740-1817), comme on peut le voir dans la collection du Louvre. La technique diffère cependant ici, l’émail recouvrant un décor préalablement ciselé. Estimation : 3 000/5 000 € (Adjugé : 51 250 €).

Agenda

Une tête de bouddha chinois en calcaire d'époque Wei (30 000/40 000 €) et un masque royal "go ge" paré de sa coiffe, de l'ethnie dan de Côte d'Ivoire (autour de 20 000 €), apporteront leur touche d'exotisme à cette vente classique. La délicatesse du trait de Jean-Baptiste Oudry sera illustrée par un dessin pour le Roman comique de Scarron : Le poète en tombant de cheval rompt la ceinture de sa culotte, daté de 1727 (15 000/20 000 €). Remarquable par la fraîcheur de ses coloris, une tapisserie bruxelloise de Peter Van den Heckees décrira les métiers du port et des vendanges vers 1710 (autour de 20 000 €). Probablement romaine et de la fin du XVIIe siècle, une plaque en bronze doré fera le récit de la Lamentation en s’inspirant d’un dessin de Jan Van Der Straet (6 000/8 000 €).

dimanche 10 octobre 2021 - 14:00 - Live
Saint Cloud (Le Floc'h) - 1 ter, boulevard de la République - 92210
Le Floc'h
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