L’élégance d’Armand-Albert Rateau

Le 21 octobre 2020, par Caroline Legrand

Réalisée par Rateau et Baguès Frères pour le pavillon de l’Élégance à l’Exposition de 1925, cette paire de grilles a été transformée afin d’intégrer l’intérieur d’un hôtel particulier parisien. 

Armand-Albert Rateau (1882-1938) et Baguès Frères, paire de grilles en fer forgé repeint noir, 375 260 cm environ au total.
Estimation : 10 000/20 000 

Au début des années 1920, Armand-Albert Rateau connaît déjà un large succès, notamment grâce aux aménagements de la boutique parisienne puis de l’hôtel particulier, rue Barbet-de-Jouy, de Jeanne Lanvin. Il est tout naturel de le retrouver en 1925 parmi les vedettes de l’Exposition des arts décoratifs et de l’industrie organisée à Paris. Il y impose une nouvelle fois son esthétique inimitable, en marge de celle de ses compères de l’art déco et du modernisme, tournés vers le fonctionnalisme et la production industrialisée. Cette paire de grilles fut spécialement réalisée pour le pavillon de l’Élégance, édifié par Jeanne Lanvin, Worth et Carlier. Rateau y signe la décoration intérieure et extérieure ainsi que l’ameublement, Baguès la ferronnerie et le luminaire, Bianchini et Rodier les tissus, Dunand les vases et la maison Hermès, la maroquinerie. En fer forgé repeint postérieurement en noir et partiellement doré, sur les sphères et les accroches façon passementerie, les grilles ont vu leur partie basse réduite et recomposée, et les parties hautes des portes détachées, puis assemblées pour former une imposte en vue d’un réaménagement d’un hôtel particulier parisien. Évoquant une tenture plissée, cet ouvrage unique illustre encore parfaitement toute l’originalité du talent de Rateau, qui s’inspire librement de l’Antiquité ou de la nature pour créer des œuvres atemporelles.

Agenda
Arts asiatiques et XXe siècle partageront le sommaire du 26 octobre. D'un côté figureront Alix Aymé avec une peinture sur soie tout en délicatesse, Portrait d'enfant au chat (800/1 200 €), et une paire de grands vases cornet japonais d'époque Meiji en bois naturel, à décor – en hiramaki-e de laque or et incrustations de nacre, ivoire, corail et pierres dures – de grues parmi les fleurs et de moineaux en vol parmi les bambous (2 000/3 000 €). Le peintre Louis-Jules Dumoulin (1860-1924) participe quant à lui en 1888 à une mission officielle au Japon, en Chine et en Indochine organisée par le ministère de lInstruction publique. Il expose ses tableaux issus de ce voyage au Salon de 1890, où Vincent Van Gogh les admire. Nommé peintre officiel de la Marine l'année suivante, l'artiste fera par la suite de nombreux voyages dans les colonies françaises, comme en témoigneront deux importantes huiles sur toile présentées ici : Portique dans le tombeau de l'empereur Tu Duc à Hué et Les ruines d'Angkor Vat (3 000/4 000 € chacune). Parmi les arts du XXe se distinguera Armand-Albert Rateau avec une impressionnante paire de grilles, réalisées à l'origine pour le pavillon de l'Élégance à l'Exposition de Paris de 1925 (10 000/20 000 €).    
lundi 26 octobre 2020 - 11:00,14:00 - Live
Chartres - Galerie de Chartres, 7, rue Collin-d'Harleville - 28000
Ivoire - Galerie de Chartres (Gody-Baubau - Maiche - Paris - Rivière)
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