Chu Teh-chun : le pouvoir est à l’imagination

Le 21 octobre 2020, par Sophie Reyssat

Entre Chine et Occident, Chu Teh-chun fusionne traditions et concepts dans l’abstraction.

Chu Teh-chun (1920-2014), Abstraction bleue et jaune, 1989, huile sur toile, 73 100 cm.
Estimation : 200 000/300 000 


La section peinture mettra Chu Teh-chun en vedette avec cette Abstraction bleue et jaune. Elle a été peinte en 1989, deux ans après la rétrospective que lui a consacrée la Chine au Taipei Museum of National History. Renouer des liens avec son pays natal a pris du temps, pour le peintre, arrivé en France en 1955. C’est à Paris qu’il a rencontré ses premiers succès, avant que des expositions ne le fassent connaître dans d’autres pays européens, aux États-Unis et jusqu’en Amérique latine. Il lui a fallu attendre 1983 pour que sa renommée atteigne l’Asie, à la faveur de ses retrouvailles avec des artistes de Chine chinois. Né quarante ans après Chu Teh-chun, Wang Yancheng sera l’autre représentant de l’empire du Milieu. Sa peinture avait déjà été remarquée le 29 mai, aux mêmes cimaises (voir l'article De la Chine à l’Algérie de la Gazette n° 23, page 111). Dans une abstraction de 2007 proposée autour de 40 000 €, l’artiste chinois bascule lui aussi dans un lyrisme que les amateurs apprécieront autour de 40 000 € (100 100 cm). Au rayon sculpture, un Hermès de Georges Braque, fondu par Landowski en 2001, perpétuera le souvenir d’un bronze créé en 1963 d’après une gouache réalisée un an auparavant, à l’époque des Métamorphoses (200 000/300 000 €). Une autre transformation est en marche avec Leda, l’ange de la mort : en 2004, Jan Fabre a donné à son cygne un corps de bois revêtu d’élytres de coléoptères (125 295 170 cm, 100 000/150 000 €). Le plasticien belge, également dessinateur, homme de théâtre et chorégraphe, aime jouer avec les matériaux pour mettre en scène des concepts. Ses installations, volontiers provocatrices, font se télescoper l’art et la nature, la science et la spiritualité, l’homme et l’animal, ou encore la vie et la mort.

Agenda

Au-delà des œuvres phares du 26 octobre, comme un Hermès de bronze de Georges Braque et une abstraction de Chu Teh-chun datant de 1989, tous deux attendus autour de 250 000 €, toutes les facettes des avant-gardes sont déclinées depuis l’après-guerre. La sélection fera le grand écart entre une gouache de Serge Poliakoff peinte en 1964 (50 000/70 000 €) et C’est ta faute, un acrylique sur toile de Robert Combas mêlant texte et images en 2002 (autour de 100 000 €). Célèbre pour ses écritures automatiques, Henri Michaux sera évoqué par une composition à l’encre sur papier de 1959-1961 (10 000/15 000 €). Place à la couleur, éclatante avec Claude Viallat, qui peint une toile de tente en lui conservant rivets et cordons (25 000/30 000 €). Retour à la figuration avec Mahieddine Baya et La Danse des foulards, une gouache et aquarelle de 1975 attendue autour de 25 000 €.

lundi 26 octobre 2020 - 14:30 - Live
Neuilly-sur-Seine - Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200
Aguttes
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