En pleine jungle avec René Buthaud

Le 12 mai 2021, par Caroline Legrand

La région bordelaise ne cesse de redécouvrir les œuvres du peintre, céramiste et verrier qui a marqué de son empreinte les arts décoratifs du XXe siècle.

René Buthaud (1886-1986), Paysage lacustre aux phœnix, perroquet et colibri, panneau décoratif en verre épais églomisé, fixé sous verre, se composant de quatre panneaux rectangulaires à décor à la feuille d’or jaune, vert et gris, signé, 156,4 105,4 cm.
Estimation : 20 000/40 000 

Provenant de la collection d'Henri D., ces quatre panneaux formant un beau décor de jungle, dans laquelle évoluent des phœnix, un perroquet et un colibri, ont longtemps orné l’atelier d’électricité, serrurerie et ferronnerie de ce dernier à Bordeaux, durant la première moitié du XXe siècle. Ils furent conservés par la suite et jusqu’à aujourd’hui dans une propriété de la famille. Une nouvelle preuve de la place dans le monde de la décoration gagnée par René Buthaud à cette époque, en particulier dans la région bordelaise. Ce Saintongeais de naissance a réussi à imposer ses œuvres – tant des céramiques que des peintures ou des verres églomisés – au style néoclassique qu’il a su adapter à son époque, celle de l’art déco, avec ses formes stylisées et ses références exotiques. Buthaud arrive dans le Bordelais à l’âge de 6 ans, lorsque son père achète un domaine viticole à Citon-Cénac. Il étudie entre 1903 et 1907 à l’école des beaux-arts de Bordeaux, notamment sous la direction de Paul-François Quinsac, avant de « monter à Paris », en 1909, afin de poursuivre sa formation avec le peintre orientaliste et portraitiste Gabriel Ferrier. En parallèle, il aborde dès ces années la gravure d’orfèvrerie et en taille douce, ou encore la décoration. Rapidement, l’enseignement académique le lasse ; il s’inscrit alors à l’école des Arts décoratifs et réalise des gravures en compagnie de Jean-Gabriel Domergue, avant de se tourner vers les arts du feu dès la fin de la Première Guerre mondiale. Buthaud dirigera de 1924 à 1926 l’atelier de céramique Primavera, en Touraine, avant de devenir professeur de décoration aux beaux-arts de Bordeaux. Soutenu dès les années 1920 par de nombreux collectionneurs et galeristes, il laisse libre cours à son imagination, en remettant notamment au goût du jour la technique du fixé-sous-verre, dans les années 1930. Cette technique complexe, qui lui demanda deux années d’expérimentation, consiste à peindre directement sur une face du verre le motif avant de l’inverser. Le fixé-sous-verre est de plus ici églomisé, c’est-à-dire doublé d’un fond de métaux précieux. À noter : l’artiste n'aurait créé qu'une vingtaine d’œuvres avec ce procédé.

Agenda
Le peintre et céramiste bordelais René Buthaud jouera les vedettes à domicile. 20 000/40 000 € seront à envisager pour un grand panneau décoratif de sa confection en verre épais églomisé fixé sous verre représentant un Paysage lacustre aux phœnix, perroquet et colibri et composé de quatre panneaux rectangulaires à décor à la feuille d'or jaune, verte et gris. La peinture ancienne marquera également les temps forts de cette vente grâce à neuf paysages peints de l'école française du début du XIXe siècle, d'un suiveur de Jules César Denis Van Loo (20 000/30 000 €) et à une toile attribuée à Jan Tengnagel (1584-1635) sur le thème du Bon Samaritain (8 000/12 000 €). Concluons sur une tabatière triangulaire issue d'un travail lillois de la fin du XVIIIe siècle au couvercle orné d'une miniature à sujet galant d'un jeune homme jouant de la flûte à sa dulcinée, une tourterelle posée sur sa main (3 500/4 000 €). 
samedi 15 mai 2021 - 14:00 - Online
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