Une nature rêvée

Le 05 novembre 2020, par Caroline Legrand

Tout l’univers décoratif et naïf de Dom Robert s’épanouit dans cette tapisserie aux couleurs chatoyantes et insufflant une belle énergie.

Dom Robert (1907-1997), Western, tapisserie en laine polychrome, signée et monogrammée « GG » pour l’atelier de Suzanne Goubely-Gatien à Aubusson, cartel d’édition avec signature de l’artiste et numéro-matricule 493, 195 220 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

Guy de Chaunac-Lanzac est l’un des acteurs majeurs du renouveau de la tapisserie au XXe siècle. Moine bénédictin, il est plus connu sous le nom de Dom Robert. Sa vocation artistique lui est pourtant venue bien avant celle d’homme d’Église. Né dans la Vienne, il s’inscrit rapidement à l’École des arts décoratifs, puis réalise un stage à Lyon comme dessinateur pour tissus. À Paris, il peint régulièrement sur les champs de courses, avant de partir au Maroc pour son service militaire. De retour, il expose à la galerie Bernheim-Jeune, et fournit des modèles pour la maison de soieries Ducharne à Paris. Sous l’influence du philosophe Jacques Maritain et du compositeur Maxime Jacob, il prend l’habit en 1930 et rejoint l’abbaye d’En-Calcat, dans le Tarn. C’est en 1941 que Jean Lurçat, de passage, découvre le travail d’aquarelle et d’enluminure de Dom Robert. Séduit, il lui conseille de se lancer dans la réalisation de cartons de tapisserie. «Frère Robert», comme il signe à partir de 1956, a consacré l’ensemble de son œuvre à la représentation d’une nature idéalisée et décorative, qui doit beaucoup au travail du Douanier Rousseau. Tout comme ce dernier, il s’extasie sur la nature et les créations de Dieu, à l’image de ces chevaux, mais aussi des fleurs, des poules ou des canards. « Il n’y a qu’une chose qui ne trompe pas, c’est la nature. La nature, c’est le vrai, le réel », disait-il.

Agenda
Pas moins de 20 000/25 000 € seront à envisager pour une impressionnante tapisserie de Dom Robert (1907-1997), convoquant avec bonheur le genre du Western et animée de superbes chevaux. La section de la sculpture sera menée par un bronze à patine dorée de Jean-Léon Gérôme, L'Aigle blessé - L'Aigle de Waterloo (8 000/10 000 €), et celle du mobilier par une commode de forme tombeau de la seconde moitié du XVIIIe siècle estampillée par Léonard Boudin, en placage de bois de rose et d'amarante et aux imposants bronzes dorés tels que guirlandes de lauriers aux poignées (6 000/8 000 €). Signalons enfin la présence d'un grand lustre de Murano à douze lumières, en verre polychrome soufflé et travaillé à chaud à la pince (3 500/4 500 €), et du côté des tableaux anciens un Saint Jean à Patmos par l'Anversois Martin de Vos (3 000/5 000 €). 
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