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Lot n° 9

DAVOUT (Louis-Nicolas). Lettre...

Résultat : Non Communiqué
Estimation : Réservé aux abonnés

DAVOUT (Louis-Nicolas). Lettre autographe signée à son épouse Aimée Leclerc. TILSIT [actuellement Sovietsk en Russie], 23 juin [1807]. 3 pp. in-4, sur papier azuré. « Je viens de recevoir, ma petite Aimée, ta lettre du 10 juin. Elle n'est point de nature à calmer les inquiétudes qui me tourmentent depuis le commencement du mois, mais je veux t'en épargner le récit, il ne feroit qu'ajouter à tes tourments [le maréchal Davout ignorait encore que son épouse avait accouché deux jours auparavant de leur fille Adèle, future comtesse de Cambacérès]. L'indisposition de notre petite Joséphine [leur fille aînée, née en 1804], son vessicatoire encore existant, sa dentition si tardive et si pœnible me donneroient bien des craintes mais, je te le répète, les bons pressentiments que j'ai sur cette chère petite ne me permettent pas d'en concevoir, je me fais une fête de faire sa connoissance et me propose de ne rien négliger pour obtenir ses bonnes grâces. Aussi le tems que je ne donnerai pas à sa bonne mère lui sera entièrement consacré, tu peux m'annoncer comme bien disposé à faire ses mille petites volontés et à beaucoup m'occupper d'elle, en un mot à la gâter, à la choyer, à la manière de prévenir le mal qui pourroît en résulter. Ta lettre du 10 juin me prouve, ma petite Aimée, combien tu es gênée sous le rapport de l'argent. Je présume que la paix étant prochaine, LES BONTES DE L'EMPEREUR nous sortiront de ce pœnible état. En attendant, je ferai ce qui dépendra de moi pour venir à ton secours, et dans le commencement du mois j'espère pouvoir t'envoyer de 10 à 12000 f. Il y a un armistice de conclu, tout doit faire supposer qu'il est le prélude d'une paix très prochaine. LES GRANDES PERTES QUE NOS ENNEMIS ONT FAITES, L'IMPUISSANCE OU ILS SONT DE CONTINUER AVEC QUELQU'ESPERANCE LA GUERRE, LA MODERATION EXTRAORDINAIRE DE L'EMPEREUR, TOUT REND LA PAIX PRESQUE CERTAINE. Les armées ne pourront cependant rentrer que lentement en France, mais j'espère obtenir l'agrément de l'empereur de précéder le mien. Je lui ferai valoir ton état. Je viens de renouveller ma demande pour Desessart avec beaucoup d'espérances de la voir accueillie [il sollicitait Napoléon Ier en faveur de l'avancement du frère de son épouse, le général Nicolas-Marin LECLERC DES ESSARTS, chef de l'état-major de la division Friant dans le 3e corps de la Grande Armée]. Donne cette nouvelle à notre bonne mère à qui j'écrirai pour lui en annoncer le résultat. En attendant, assure-la de toute ma tendresse. J'envoie mille caresses à ma petite Joséphine et mille et mille baisers à son excellente et belle maman. C'est un aide de camp du g[énér]al Beaumont [Marc-Antoine Bonin de La Boninière de Beaumont, époux de la sœur du maréchal, Julie Davout] qui te remettra cette lettre. Il pourra te tranquilliser sur ma santé. DANS CETTE COURTE ET BRILLANTE CAMPAGNE, LE 3me CORPS N'EN A ETE QUE POUR SES JAMBES ET SA BONNE VOLONTE. JE NE REGRETTE POINT QU'IL N'AIT PAS EU D'OCCASION, CE SONT DES BRAVES DE PLUS DISPONIBLES. Tout ce qui t'intéresse se porte bien. Adieu, ma petite Aimée, reçois mille baisers de ton amoureux et fidèl[e] sposo [époux, en italien] L. Davout »

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