Lot n° 50

JEAN-FRANÇOIS RAFFAELLI (1850-…

Vente terminée
Résultat : Non Communiqué

Paysage de banlieue, Aubervilliers
Huile sur carton, signée en bas à droite
65.7 x 86.5 cm - 25 7/8 x 34 in.

Nous remercions la galerie Brame et Lorenceau d'avoir aimablement confirmé l'authenticité de cette oeuvre, qui sera incluse au Catalogue critique informatisé de l'artiste actuellement en préparation.

PROVENANCE
Collection privée, Sud de la France

JEAN-FRANÇOIS RAFFAËLLI
Jean-François Raffaëlli est un artiste peintre et sculpteur français d'origine italienne né en 1850 à Paris. Il est formé à l'école des Beaux-Arts sous la tutelle du célèbre artiste Léon Gérôme. Il expose pour la première fois au Salon de Paris en 1870. Célèbre pour sa peinture des faubourgs de la banlieue parisienne et de sa repré­sentation de l'émergence d'une classe moyenne, il est très reconnu de son vivant puisqu'il est nommé Chevalier et Officier de la Légion d'Honneur. Il obtient également une médaille d'or à l'Exposition Universelle de 1889.
Bien qu'il s'en distingue, sa technique est très influencée par celle des Impression­nistes. Il peint de manière très souple et les coups de pinceaux sont visibles. Raf­faëlli côtoie également le même milieu que ces artistes. Degas devient son ami et le pousse à participer l'exposition des Impressionnistes de 1880 et 1881. Il lui emprunte d'ailleurs sa technique du pastel, et à Morisot sa touche aérienne et claire.
Il décède à l'âge de 74 ans. Le poète symboliste et critique d'art Gustave Kahn déclare à son propos : « Raffaëlli est mort (...) Il savait tout de son art. La certitude de son exécution assure à ses toiles une longue durée... Les tableaux de lui qui entreront au Louvre y souriront d'une inal­térable jeunesse. Souhaitons qu'ils y soient assez pour montrer toute la diversité autant que la force de son génie... ».1
Dans cette huile sur carton, Raffaëlli représente un paysage dans la banlieue d'Aubervilliers. Des champs sont repré­sentés au premier plan, avec des arbres et des barrières les traversant. Une petite église de campagne se tient droite au milieu de la peinture. Celle-ci cache un ensemble industriel situé juste derrière. Les cheminées des usines produisent une fumée dense qui finit par se fondre dans les teintes de couleurs du ciel. L'artiste exprime parfaitement la matière de chaque élément à travers des touches et nuances variées de rose, bleu et vert. Raffaëlli sait assurément rendre ses oeuvres vivantes, comme il le fait ici une nouvelle fois grâce au mouvement qu'il donne aux différents éléments.

L'artiste capture ici une image très repré­sentative de son époque, où l'ère indus­trielle s'apprête à remplacer la société rurale. On peut qualifier Raffaëlli de peintre de la vie moderne. Il retranscrit les états d'âme de son époque et de cette société en pleine mutation.
Les Impressionnistes célébraient joyeu­sement cette industrialisation : Caillebotte et Monet par exemple ont représenté des usines ou des gares. Ce sont des thèmes récurrents et considérés comme fondamen­talement modernes. Le véritable peintre de la modernité était celui qui maîtrisait cet art de l'observation, afin de retranscrire avec justesse le caractère même des choses.
Raffaëlli a déclaré « on est moderne par la sensation, par l'idée que l'on a de l'atmos­phère morale qui nous entoure (...) Et je dirai même plus : les plus grands génies du passé ont été modernes à leur époque, c'est-à-dire, plus ils ont reflété les agitations de leur temps, plus ils restent modernes à travers les âges ».2
Dans la préface du catalogue de son expo­sition du 10 juin 1909 chez le galeriste Georges Petit, Raffaëlli raconte qu'il aime les villes. La ville de Paris et ses banlieues sont ses muses. A travers leur représenta­tion, il nous conte l'avènement la modernité.

 
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