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Camille Claudel et Tsuguharu Foujita

Publié le , par Sophie Reyssat
Vente le 04 mai 2021 - 14:30 (CEST) - Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine

Des personnages mythologiques à l’image de la Madone, Camille Claudel et Tsuguharu Foujita modernisent les classiques.

Camille Claudel (1864-1943), Persée et la Gorgone, « petit modèle » ou Petit Persée,... Camille Claudel et Tsuguharu Foujita
Camille Claudel (1864-1943), Persée et la Gorgone, « petit modèle » ou Petit Persée, vers 1905, épreuve en bronze, signée, fonte Eugène Blot, 51 30 25 cm.
Estimation : 200 000/300 000 

La décapitation de Méduse par Persée n’a cessé de nourrir l’imagination des artistes depuis l’Antiquité. L’image monstrueuse de la Gorgone se métamorphose au fil des siècles pour prendre l’aspect d’une beauté vénéneuse. Réalisé par Benvenuto Cellini en 1553, le bronze de Persée et Méduse – exposé dans la Loggia dei Lanzi, à Florence – en est l’emblème. Il a inspiré Camille Claudel pour la posture de son héros brandissant la tête de Méduse, dont un seul regard pétrifiait les mortels. Mais l’artiste prend ses distances avec la référence antique en faisant tournoyer son sujet dans une valse mortelle : tombant du corps en rotation de Persée, son drapé s’enroule et se confond avec les ailes du corps décapité de la Gorgone, dont l’attitude prostrée rappelle la Femme accroupie. La douceur des courbes et la sérénité des visages contrastent avec l’instant dramatique. Claudel a conçu sa statue grandeur nature – l’une des deux seules de sa carrière –, et son plâtre a été exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts, en 1899. Aujourd’hui disparu, son souvenir subsiste à travers une monumentale version de marbre taillée par François Pompon à la demande de la comtesse de Maigret en 1900, afin d’orner son hôtel particulier parisien, mais également avec six bronzes fondus par Eugène Blot cinq ans plus tard. Celui présenté, acquis par la comtesse, fidèle mécène de Camille Claudel, est resté dans sa descendance jusqu’à ce jour. Tsuguharu Foujita donne quant à lui une version profane de la Vierge à l’Enfant avec sa Maternité de 1957. Comme à l’époque byzantine, le fond or donne une hiératique aura de sainteté à ce groupe, peint à l’aquarelle en 1957. Exprimant la tendresse, les mains aux longs doigts flexibles évoquent le maniérisme des portraits de la Renaissance italienne, dont l’influence est également perceptible dans la douceur des visages idéalisés (23 17,5 cm, 215 000/250 000 €).

mardi 04 mai 2021 - 14:30 (CEST) - Live
Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine
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