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Lipchitz, sculpteur cubiste

Published on , by Caroline Legrand

Fondu dans les dernières années de la vie du sculpteur, ce bronze nous fait pourtant remonter le temps jusqu’en 1922, dans sa pleine période cubiste.

Jacques Lipchitz (1891-1973), Joueur de guitare au fauteuil, épreuve en bronze à... Lipchitz, sculpteur cubiste
Jacques Lipchitz (1891-1973), Joueur de guitare au fauteuil, épreuve en bronze à patine brun nuancé, fonte de Tommasi vers 1969-1970 d’après le plâtre original de 1922, signée, cachet du fondeur, empreinte du pouce de l’artiste à l’arrière, 39,7 24 29 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

En 1961, Jacques Lipchitz s’installe près de Carrare, en Italie ; Non loin de là est installée la célèbre fonderie Tommasi. Cette dernière réalisera les années suivantes plusieurs éditions d’œuvres de l’artiste, mais aussi des rééditions de sculptures antérieures, comme ce Joueur de guitare au fauteuil dont l’original date de 1922. Tel un hommage aux grands maîtres du cubisme Pablo Picasso et Georges Braque, l’artiste d’origine lituanienne, arrivé à Paris en 1909, reprend dans cette sculpture l’un des premiers thèmes traités par les deux initiateurs du mouvement. Fréquentant l’académie Julian, Lipchitz devient vite un habitué du quartier de Montparnasse, mais ce n’est que vers 1913-1914 qu’il commence à s’intéresser au cubisme, suite à l’exposition de la Section d’or et à sa rencontre avec Picasso. Il décide de tenter l’exercice de traduire ce nouveau langage en trois dimensions. Dès 1914, il présente une sculpture proto-cubiste, Marin à la guitare, conservée aujourd’hui au Centre Pompidou. Puis sa version de l’Homme à la guitare, de 1920, connaît un grand succès chez son marchand Léonce Rosenberg. Il poursuit alors la série, notamment avec notre Joueur de guitare créé deux ans plus tard. À partir de 1925, le sculpteur se tournera vers de nouvelles expressions, mais il dira lui-même : «Lorsqu’on me demande, comme c’est souvent le cas, quand j’ai cessé d’être cubiste, ma réponse est invariable : jamais 

Quand Monet était caricaturiste

Published on , by Caroline Legrand

La caricature fut le premier mode d’expression du maître impressionniste, à une époque où il se faisait encore appeler « Oscar ».

Claude Monet (1840-1926), Caricature de Paul Bodereau, avocat, fusain et craie blanche... Quand Monet était caricaturiste
Claude Monet (1840-1926), Caricature de Paul Bodereau, avocat, fusain et craie blanche sur papier brun, signé « O. Monet », 52,4 33,7 cm à vue.
Estimation : 15 000/20 000 
Adjugé : 110 880 

Si le monde entier connaît aujourd’hui ses fantastiques compositions impressionnistes, ses paysages de Giverny ou ses vues du Parlement londonien, Claude Monet a débuté sa carrière par des caricatures… dont il eut d’ailleurs bien du mal à se détacher. C’est en effet à l’âge de 10 ans que le garçon commence à croquer ses proches. Initié très jeune par sa mère aux arts graphiques, le Havrais perfectionne déjà sa technique à l’école de dessin de la ville. Bien vite, il accède à la notoriété et ses dessins se vendent. « À 15 ans, j’étais connu dans tout Le Havre comme caricaturiste », a-t-il expliqué. « Ma réputation était si bien établie que de tous les côtés, des gens sont venus me voir et m’ont harcelé pour des caricatures. J’avais tellement de demandes, et l’argent de poche que ma mère pouvait m’épargner était si maigre, que j’ai été amené à faire un pas audacieux, un pas qui, inutile de le dire, a choqué mes parents : J’ai commencé à vendre mes portraits » (Claude Monet par Maria Tsaneva, 2013). Jamais passée en vente, conservée dans une collection normande depuis des générations, cette caricature de l’avocat Paul Bodereau porte encore la signature « O. Monet », Oscar étant son premier prénom. L’artiste en herbe s’est formé à ce genre au contact de la presse de son temps, qui était illustrée uniquement de dessins. Il prit ainsi l’habitude de saisir les hommes de la bourgeoisie havraise, mais aussi des touristes anglais, très présents en Normandie, qu’il affublait d’une grosse tête, à la manière d’un Nadar, et d’une silhouette filiforme. C’est grâce à la vente de ces feuilles d’une grande modernité, qui lui ont rapporté quelque 2 000 francs, qu’il peut partir pour Paris en 1859, à un peu plus de 18 ans. L’année précédente, un artiste lui avait ouvert de nouveaux horizons : Eugène Boudin. Ce dernier découvrit son talent chez un marchand havrais, au travers de ces fameuses caricatures ! Il tenta alors, patiemment, d’intéresser le jeune garçon à d’autres sujets, et notamment à la peinture de plein air. Monet refusait au départ de l’accompagner dans ses séances… heureusement, il changea bien vite d’avis.

Agenda

Le programme du dimanche 14 août s'articulera autour de trois pôles. Le premier sera l'art moderne avec une Jeune Orientale près du feu, grande huile sur toile de Max Léon Moreau estimée 6 000/8 000 €, une Scène de café animée par Moïse Kisling réalisée à l'aquarelle en 1949, estimée 8 000/10 000 €, ou encore un dessin à l’encre de Fernand Léger, Étude pour le cirque, à 10 000/15 000 €. La sculpture ne sera pas en reste grâce au Joueur de guitare au fauteuil  de Jacques Lipchitz, épreuve en bronze à patine brun nuancé fondue par Tommasi d'après le plâtre original de 1922 dans les années 1969-1970 (30 000/40 000 €). On passera ensuite à l’art abstrait avec une belle composition à l’aquarelle de Georges Mathieu, cotée 6 000/8 000 €, une intéressante aquarelle de 1974 par Pierre Alechinsky, attendue à 5 000/7 000 €, et une grande toile de Viallat annoncée à 3 000/5 000 €. Enfin, l’art contemporain se manifestera avec une Table Femme en bronze doré à importante dalle de verre gravé de Philippe Hiquily (30 000/40 000 €), et du même artiste une Petite Claudinette en laiton patiné, tirée à huit exemplaires et à envisager à 15 000/20 000 €.

Sunday 14 August 2022 - 14:30 (CEST) - Live
Le Galaxy, route des CréActeurs, BP 60089 - 14800 Deauville
Tradart-Deauville
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