Zhuravlev, percée sur le marché français

Le 13 mai 2021, par Anne Doridou-Heim

Avec cette délicate et lumineuse peinture de jeune femme, Firs Sergeyevich Zhuravlev fait une percée remarquée sur le marché français.

Firs Sergeyevich Zhuravlev (1836-1901), Jeune femme en kokochnik, huile sur toile, 66 54 cm.
Adjugé : 172 800 

Difficile de faire plus russe comme nom que Firs Sergeyevich Zhuravlev ! L’artiste, très présent dans les musées de son pays (voir l'article La Russie éternelle de Firs Zhuravlev de la Gazette no 17, page 48) mais rarissime sur le marché occidental – seulement treize œuvres référencées jusqu’à cette vente (source : Artnet) –, n’a pas laissé indifférent avec cette Jeune femme en kokochnik, éclairée de la lueur d’une bougie et d’un résultat de 172 800 €. Un prix qui la place aussitôt sur la deuxième marche du podium de l’artiste et lui octroie un record français. Zhuravlev est un peintre de genre dont les tableaux, inscrits dans le réalisme du plein XIXe siècle, montrent tous les aspects de la vie de son peuple, depuis les scènes contemporaines d’une société cherchant à s’occidentaliser jusqu’aux images les plus traditionnelles, qu’exprime cette jeune personne coiffée du kokochnik et vêtue d’un costume typique. Il sera l’un des premiers Russes à montrer un corps de femme nu, le thème féminin occupant d’ailleurs une place importante dans son œuvre. Si le réalisme est une tendance majeure de l’art russe de la seconde moitié du XIXe siècle, il s’agit pour les peintres, comme pour les écrivains, d’affirmer avec lui une identité forte. Il se traduit par des paysages parlant de la terre natale et des sujets teintés de folklore, avant que plus de modernité et de message social n’émergent. Par ses sujets, Zhuravlev se situe à la croisée entre les deux. Dans la vente aussi, la femme était à l’honneur. La suite déroulait à cet effet un programme de qualité, avec notamment des bijoux de créateur. Une bague en or jaune et platine de Sterlé, retenant dans un entourage de diamants ronds un imposant saphir coussin de Ceylan (20,138 ct), était portée à 38 400 €, alors qu’un bronze d’Antoniucci Volti (1915-1989) intitulé Crépuscule (34 98 47 cm), modelé vers 1967 et figurant un voluptueux corps allongé, recueillait 53 760 €.

jeudi 06 mai 2021 - 14:00 - Live
Salle 14 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Libert Damien
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