Unseen 2019, la photo vue d’Amsterdam

Le 03 octobre 2019, par Pierre Naquin

Mi-foire mi-festival, Unseen est depuis sa création la favorite des amateurs de nouvelle photographie. Alors que 2019 marquait une passation de pouvoir, quel bilan pour l’événement ?

Le stand de Cédric Bacqueville, sur Unseen 2019, à Amsterdam.
COURTESY CEDRIC BACQUEVILLE

Quand on rentre dans l’improbable bâtiment qui abrite Unseen un ancien silo au bord d’un canal amstellodamois , on est immédiatement frappé par le nombre de nouvelles têtes. Tout à son effort d’internationalisation, l’organisateur a fait de la place parmi les exposants locaux historiques. Le pari semble néanmoins gagnant avec une réelle fraîcheur dans les propositions artistiques, marque de fabrique d’Unseen depuis ses débuts. «Nous avons accueilli 25 000 visiteurs cette année», nous confie avec fierté la nouvelle directrice, Marina Paulenka, qui a pris la suite d’Emilia Van Lynden, partie pour Manifesta. «Pour quelques jours, Amsterdam était la capitale de la photographie. Quelle belle énergie !» Ce sentiment positif est partagé par la grande majorité des participants. «Nous sommes satisfaits de nos ventes, mais très honnêtement, même si nous n’avions pas très bien vendu, nous aurions été heureux de notre venue dans tous les cas», témoigne Cédric Bacqueville (Lille). «Le format restreint [53 galeries ndlr] permet de beaux échanges avec les visiteurs», ajoute Françoise Bornstein de la galerie parisienne Sit Down. «C’est important car les collectionneurs hollandais prennent leur temps pour acheter ; ils veulent voir, comprendre, étudier et reviennent le dernier jour pour se décider», complète Cédric Bacqueville.
Un positionnement original
Côté ventes, même si le bilan est généralement positif, certains marchands ne repartent pas entièrement satisfaits : «Malgré un prix des stands très compétitif, faire venir des œuvres de Tokyo se révèle coûteux, explique Yuka Tsuruno. Nous avons vendu deux œuvres pour un total de 2 000 €.» «Nous sommes plutôt satisfaits car nous avons réussi à placer des pièces de tous nos artistes», confie Ron Mandos. Il affichait des œuvres entre 1 800 et 18 000 €. Pour les Hongrois de Tobe Gallery, «cela aurait pu être mieux». Ils cédaient des pièces à «2 500 € en moyenne». D’autres se montrent beaucoup plus enthousiastes : «La foire est une réussite. Nous reviendrons l’année prochaine», glisse Jehan de Bujadoux, de Fisheye. Il vendait plusieurs collages inspirés du kintsugi, de l’Iranienne Morvarid K (3 500 €). «Il est très agréable de sentir que notre travail de galeriste est remarqué et respecté. Il faudrait néanmoins réussir à attirer davantage d’institutions publiques.» L’enseigne Jorg rencontrait un beau succès ; elle cédait quatorze des vingt-cinq portfolios de Dana Lixenberg (à partir de 3 500 €) et cinq grandes pièces de Saskia Noor (à partir de 15 000 €). Françoise Bornstein attendait «encore quelques confirmations» sur des tirages entre 1 300 et 5 600 €. «Contre toute attente, les ventes se sont portées cette année sur les plus grandes pièces du stand. C’est donc notre meilleure édition en termes de résultats», confiait Valérie Cazin, de la galerie Binome. Elle présentait des photographies entre 1 500 (Baptiste Rabichon) et 12 500 € (Mustapha Azeroual). «L’ambitieux programme du festival est ce qui rend cet événement unique… Néanmoins cela a indubitablement un impact sur les ventes», suggère Lotte Laub de la galerie berlinoise Zilberman. «Il faudrait que la communication soit claire : il s’agit d’une foire avec un programme ‘curaté’ en plus et non l’inverse», renchérit sa voisine Dorothee Nilsson. Et Lotte Laub de conclure : «Je suis persuadée qu’Unseen trouvera le parfait équilibre entre foire et festival.»

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