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Une paire de vases Louis XIV en porphyre

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 18 novembre 2022 - 13:30 (CET) - Salle 5-6 - Hôtel Drouot - 75009

En toute logique, cette paire de vases en porphyre d’Égypte a été l’acmé d’une vente d’objets d’art de qualité.

Époque Louis XIV. Paire de vases couverts en porphyre d’Égypte, h. 53, diam. 36 cm.Adjugé :... Une paire de vases Louis XIV en porphyre
Époque Louis XIV. Paire de vases couverts en porphyre d’Égypte, h. 53, diam. 36 cm.
Adjugé : 307 200 

Choix du matériau, qualité de la sculpture, traçabilité de la provenance ainsi que relaté en page 56 de la Gazette n° 40  (voir l'article Des vases d'époque Louis XIV en porphyre d'Égypte): ces vases disposaient de tous les atouts pour séduire, et ils les ont abattus pour obtenir 307 200 €. Depuis la lointaine Antiquité, le porphyre d’Égypte est synonyme de pierre de prestige. Sa couleur pourpre évoquant le pouvoir, les empereurs de Rome le plébiscitent pour l’exécution de leurs portraits et des détails architecturaux de leurs palais, et l’exploitation de ses carrières s’intensifie, appauvrissant peu à peu des filons situés en plein désert. La Renaissance va le redécouvrir et les pièces antiques faire l’admiration des artisans, lesquels constatent en même temps la difficulté à le travailler : cette roche magmatique constellée de cristaux, extrêmement dure et résistante – plus encore que le marbre –, est de fait très longue à sculpter, et les techniques anciennes ayant disparu avec le temps, il leur faut tout réapprendre. Ces contraintes expliquent qu’elle demeure destinée à des pièces d’apparat et à des amateurs de haut vol, parmi lesquels en tout premier lieu le Roi-Soleil. Cette paire date de son règne et a appartenu à l’industriel anglais James Morrison (1789-1857), ayant fait fortune dans le textile. Le chapitre des objets d’art était également dignement représenté par les 18 172 € d’une paire de vases ovoïdes (h. 26 cm) en spath fluor à monture en bronze ciselé doré, de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle, exécutés dans le style de Matthew Boulton. Ils étaient cependant dépassés par les 28 160 € d’une terrine à piédouche (l. 40, l. 26 cm) en porcelaine et émaux de la famille rose, de la Compagnie des Indes orientales à l’époque Yongzheng (1723-1735). Le modèle est connu et relève d’un service dont une partie est conservée au musée de ladite Compagnie, à Lorient. Il est orné des armes des Orry – lesquelles sont «de gueule à un lion d’or, rampant et grimpant sur un rocher d’argent» – et doté d’anses en forme de tête de Chinois ajoutant une touche d’originalité. Cette grande famille française a joué un rôle important dans la diffusion de la porcelaine en France : Jean-Louis Henri Orry de Fulvy (1703-1751), administrateur de la Compagnie des Indes, avait établi avec l’aide de son demi-frère Philibert – directeur général des Bâtiments du roi à partir de 1736 – les bases de la manufacture de porcelaine tendre de Vincennes. On connaît la suite…

vendredi 18 novembre 2022 - 13:30 (CET) - Live
Salle 5-6 - Hôtel Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre & Associés
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