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Un portrait de Maurice Fenaille par le peintre Jules Bastien-Lepage

Publié le , par Claire Papon
Vente le 22 novembre 2022 - 14:00 (CET) - Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009

Conservé dans la famille du modèle jusqu’à ce jour, ce portrait du jeune Maurice Fenaille par Jules Bastien-Lepage traduit les liens d’amitié qui les unissait et l’attachement de celui-ci à la campagne qui l’a vu naître.

Jules Bastien-Lepage (1848-1884), Portrait de Maurice Fenaille, 1883, huile sur toile,... Un portrait de Maurice Fenaille par le peintre Jules Bastien-Lepage
Jules Bastien-Lepage (1848-1884), Portrait de Maurice Fenaille, 1883, huile sur toile, 37 30 cm.
Estimation : 30 000/50 000 €

Le naturel de la pose contraste avec le classicisme du vêtement, les masses sombres équilibrentla palette claire des carnations,le blanc du col et des manches de la chemise, ainsi que du champ de neige que l’onaperçoit à travers le dossier de la chaise. Le front haut retient la lumière, le regard est scrutateur, le sourire presque moqueur se devine sous l’épaisse moustache. À la différence d’autres, dont les personnages se détachent sur un fond neutre, ce portrait de Jules Bastien-Lepage est mis en scène dans son atelier du 12, rue Legendre, dans le 17e arrondissement de Paris, devant deux de ses toiles : Fleur du chemin ou la Petite Bergère et Paysage au charbonnier, l’hiver. La première, exécutée en 1882, sera encore présente dans l’atelier du peintre à sa mort, deux ans plus tard. Incorporée à la rétrospective que lui consacre l’École nationale des beaux-arts à Paris en 1885, La Petite Bergère est vendue aux enchères 7 500 F les 11 et 12 mai [1885] lors de la dispersion du fonds Bastien-Lepage à la galerie Georges Petit. Le 18 mai 2016 (Sotheby’s, New York), elle sera poussée jusqu’à 594 290 €. Le Paysage au charbonnier n’est pas daté mais a probablement été réalisé dans la région de Damvillers, en Meuse, où Jules Bastien-Lepage est né dans une famille de cultivateurs. Il fait partie, depuis son acquisition dans une galerie parisienne en 1983, des collections du musée Alphonse-Georges Poulain de Vernon. Mais revenons à notre tableau. Le choix de placer le modèle dans cet environnement, plutôt que dans un classique intérieur bourgeois, exprime la vision résolument moderne de l’artiste. Maurice Fenaille (1855-1937) fait face au spectateur, débordant presque de la toile, au milieu des œuvres, dont on ne sait si elles ont été choisies au hasard ou selon le souhait de l’artiste ou du commanditaire. Une façon pour celui-ci d’exprimer son désir d’être partie prenante du monde de la création ? Maurice Fenaille est âgé de 28 ans au moment de l’exécution de ce portrait. À la mort de son père, Alphonse, en 1883, il prend sa succession à la tête de l’entreprise familiale Fenaille et Despeaux, spécialisée dans l’importation, le raffinage et la commercialisation du pétrole. Fondée en 1852, la société produit en 1874 plus du tiers de la consommation française, et décroche quatre ans plus tard à l’Exposition universelle de Paris une médaille d’or pour la Saxoléine, huile de pétrole lampant destinée à l’éclairage. Après la Première Guerre mondiale, Maurice Fenaille est devenu l’un des premiers importateurs d’essence, et sa société qui ne cesse de se développer prend le nom de la Pétroléenne, puis en 1936, Standard française des pétroles, et enfin Esso Standard en 1952. Fervent amoureux des arts depuis sa jeunesse, il devient, grâce à sa fortune, le mécène d’Auguste Rodin, Antoine Bourdelle, de Pierre Puvis de Chavannes ou Jules Chéret, côtoie Maurice Denis et Henri Martin. Passionné d’art ancien, il rédige des ouvrages sur la gravure et la tapisserie, et contribue à l’acquisition d’œuvres d’art, dont la plus célèbre d’entre elles, Le Bain turc, d’Ingres, au bénéfice du Louvre…

mardi 22 novembre 2022 - 14:00 (CET) - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009
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