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Un fauteuil pour l’Empereur par Jacob Desmalter

Publié le , par Philippe Dufour

Une diversité de la meilleure eau a marqué cette première vente de l’année, mêlant la grande ébénisterie aux bronzes de style antique et aux instruments scientifiques.

Époque Empire, fauteuil d’apparat en hêtre sculpté et doré, estampille «Jacob D Rue... Un fauteuil pour l’Empereur par Jacob Desmalter
Époque Empire, fauteuil d’apparat en hêtre sculpté et doré, estampille «Jacob D Rue Meslee», marqué «EU» sous couronne royale, à l’encre numéro d’inventaire «361», 97 71 82 cm.
Adjugé : 26 000 

L’objet le plus attendu était bien ce fauteuil d’apparat réalisé pour Napoléon Ier et redécouvert dans un grenier (voir l'article Un fauteuil digne de l’Empereur de la Gazette n° 3, page 94). Rappelons que ce siège impérial, en hêtre sculpté et doré (97 71 82 cm), porte l’estampille fort convoitée de «Jacob D Rue Meslee». Il s’agit d’un modèle cher à l’Empereur, qui en fit exécuter toute une série pour meubler ses différents palais, Fontainebleau ou Compiègne, ainsi que ses châteaux. Celui-ci provient de sa demeure d’Eu, comme l’atteste un numéro d’inventaire postérieur, puisque datant de Louis-Philippe (complété de la marque «EU», sous couronne royale), souverain qui posséda par la suite ce domaine. Par ailleurs, on sait par l’inventaire des livraisons de Jacob Desmalter que l’ébéniste livra vingt fauteuils de ce modèle au château normand, en 1812. Bien des qualités donc, qui devaient faire monter les enchères jusqu’à 26 000 €, offerts par un collectionneur alsacien. Toujours au rayon des arts décoratifs, se détachait un paravent à six feuilles (154 366 cm), orné d’une tapisserie du XVIIe siècle à motifs de pavot – sans doute de la Savonnerie – qui était emporté pour 16 200 €. Deux bronzes à l’antique venaient animer ce décor somptueux ; le premier, fondu en Italie vers 1700, reprenait une célèbre Vénus au bain, dite «Cesarini», d’après le modèle de Jean Bologne (h. 14,8 cm). Pour cette statuette à patine brune, il fallait offrir 12 000 €. Dans son sillage, un bronze de Jean-Léon Gérôme représentait Anacréon, Bacchus et l’amour (h. 73,5 cm), une épreuve en bronze patiné et signé par «F. Barbedienne, Fondeur» (6 120 €). Enfin, direction l’espace grâce à une séduisante sphère armillaire en bois et carton de type «Copernic» (114 75 cm) achetée 7 680 €. La Terre est présentée comme un globe en volume, les autres planètes étant figurées par des anneaux, de Mercure à Saturne. Comme Uranus (découverte en 1781) est absente, on peut penser à une création française du tournant du XIXe siècle.

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