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Un charme oriental par Louis-Ernest Barrias

Publié le , par Caroline Legrand

Dans sa version à patines or et argent, la Jeune fille de Bou Saâda de Louis-Ernest Barrias s’annonce comme une œuvre très convoitée. Elle est de plus sa création la plus célèbre et éditée.

Louis-Ernest Barrias (1841-1905), Jeune fille de Bou Saâda, vers 1890, bronze à patines... Un charme oriental par Louis-Ernest Barrias
Louis-Ernest Barrias (1841-1905), Jeune fille de Bou Saâda, vers 1890, bronze à patines or, vieil argent et brune, avec turquoises enchâssées, fonte Susse frères éditeurs, 32 31 26 cm.
Estimation : 20 000/30 000 
Adjugé : 28 980 

Réalisée vers 1890, la Jeune fille de Bou Saâda était destinée à orner le tombeau du peintre orientaliste Gustave Guillaumet, au cimetière de Montmartre. Elle s’inspire d’une part d’une œuvre antérieure de Barrias, sa sculpture néo-grecque La Fileuse de Mégare, créée à Rome en 1867 et exposée au Salon de 1870, et d’autre part d’un tableau de Guillaumet, Les Tisseuses de Bou Saâda, figurant au musée d’Orsay. Assise sur un tapis, la jeune fille vêtue d’une robe attachée par des fibules – agrémentées ici de turquoises – tient dans ses mains des fleurs de jasmin. Le sculpteur la présenta au Salon de 1890, puis à l’Exposition universelle de 1900. Si Guillaumet souhaitait décrire avec réalisme la vie de ces jeunes tisseuses, Barrias a quant à lui choisi de vêtir de manière plus luxueuse son modèle, qui devint l’une des figures les plus réussies dans la veine romantique et orientaliste de l’artiste. Durant les années suivantes, la fonderie Susse l’a proposée dans différentes tailles et finitions. Un exemplaire en marbre et un autre en bronze sont conservés au musée des Arts décoratifs de Paris. Alors proche de la fin de sa carrière, Louis-Ernest Barrias déploie toute la variété de son talent et d’influences bien intégrées. Si l’Italie et les artistes de la Renaissance marquèrent sans conteste ses premières années – notamment à la suite de l’obtention du prix de Rome en 1865 –, il sut évoluer au fil des années, porté par la volonté de rendre vivantes ses sculptures. Un naturalisme et un romantisme qui le rapprochent stylistiquement d’un Carpeaux, et ajoutent ce petit supplément qui en fit l’un des artistes les plus recherchés par les institutions. Il a ainsi à son actif de nombreux monuments publics et privés, notamment sa célèbre Nature se dévoilant devant la Science, commandée par la faculté de médecine de Bordeaux en 1889, ou le monument à Anatole de La Forge au cimetière du Père-Lachaise.

dimanche 29 mai 2022 - 14:00 (CEST) - Live
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