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Triomphe pour une rare monnaie de Louis XIII

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 20 septembre 2019 - 14:30 (CEST) - 12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux

Lors de la dispersion d’une importante collection de pièces royales françaises, rassemblées par un Bordelais, s’envolait un exceptionnel spécimen de Louis XIII en or.

Louis XIII (1610-1643), 4 Louis, 1640, poids 26,86 g. Adjugé : 288 000 € Triomphe pour une rare monnaie de Louis XIII
Louis XIII (1610-1643), 4 Louis, 1640, poids 26,86 g.
Adjugé : 288 000 

À partir d’une estimation maximale de 70 000 €, cette pièce de 4 louis remportait la somme de 288 000 €, enregistrant ainsi un record mondial pour cette typologie. Elle est d’une insigne rareté puisque seuls sept spécimens de ce type sont référencés (voir l'article Suprême récompense royale de la Gazette n° 30, page 86). Sa production, en une toute petite série, s’inscrit au cœur du nouveau système monétaire mis en place par le souverain, et en particulier la création du fameux louis d’or (1640), qui était frappé au balancier à Paris (comme l’indique la lettre «A», présente ici aussi), sous les directives du graveur Jean Varin. Rappelons enfin que notre pièce relève de la typologie «de plaisir», et donc était destinée à être offerte par le roi en guise de récompense. Mais bien d’autres monnaies contribuaient au succès de cette vacation destinée aux numismates. On remontait loin dans le passé avec un statère d’or pâle à la cigogne des Arvernes (région de Clermont-Ferrand) du IIe ou Ier siècle av. J.-C. Pesant 7,56 g (TTB+), il était empoché pour 9 000 €. Le Moyen Âge était bien représenté, notamment par un florin d’or (SUP) de Philippe IV dit le Bel (1268-1314) «à la petite masse d’or», où le roi est montré assis de face en majesté, tenant un sceptre et une fleur de lis, entre deux lis, sous l’inscription «PHILIPP DEI GRA FRACHORV REX.» (4,37 g). Il était à vous pour 11 040 €. Pour un petit royal d’or du même souverain (TTB+), il fallait compter 16 679 €. De son neveu, Philippe VI (1293-1350), une remarquable couronne d’or (qSUP) était disputée jusqu’à 44 400 € (5,22 g). En guise d’épilogue à cette série royale, donnons les 7 800 € attribués à un très rare (SUP) quart de louis d’or de Noailles (2,86 g), frappé en 1717 à Paris, et portant la tête couronnée de Louis XV enfant.

Émis dans le duché d’Aquitaine, ce «guyennois» d’or (3e type) a été adjugé 11 760 €. Il a été frappé sous le règne d’Edouard III d’Anglete
Émis dans le duché d’Aquitaine, ce «guyennois» d’or (3e type) a été adjugé 11 760 €. Il a été frappé sous le règne d’Edouard III d’Angleterre (1312-1377), protagoniste de la guerre de Cent Ans, qui domina la Guyenne. On le retrouve figuré sur l’avers, debout à droite, en armure, tenant une épée et un bouclier, entouré de l’inscription «ED D GRA REX A-LI-E DO AQVI T-A-IE.». Au revers se lit une croix fleuronnée au quadrilobe en cœur, cantonnée aux un et quatre d’un lis, aux deux et trois d’un léopard, le tout dans un polylobe, avec l’inscription «GLAT IN EXELCIS DEO ET IN TERRA PAX HOIBVS.» (3,88 g).
Un denier d’or «à la masse» de Philippe IV (1268-1314), plus souvent appelé Philippe le Bel, était proposé lors de la vacation. À l’avers,
Un denier d’or «à la masse» de Philippe IV (1268-1314), plus souvent appelé Philippe le Bel, était proposé lors de la vacation. À l’avers, le roi est représenté assis de face, couronné, tenant un sceptre et un lis, dans un polylobe tréflé cantonné d’annelets, cerné de l’inscription «PHILIPPVS DEI GRA FRANCHORVM REX. Au revers, entourée de l’inscription «XP C VINCIT XP C REGNAT XP C IMPERAT», figure une croix feuillue et fleuronnée avec un quadrilobe en cœur, cantonnée de quatre lis, dans un quadrilobe aux quatre angles extérieurs tréflés. D’un poids de 6,85 g, il était vendu 9 360 €.

Parmi les monnaies dites «de plaisir» figuraient aussi des pièces de 8 louis, à l’image de ce bel exemplaire au profil de Louis XIII, à la
Parmi les monnaies dites «de plaisir» figuraient aussi des pièces de 8 louis, à l’image de ce bel exemplaire au profil de Louis XIII, à la tête laurée, et le col nu. Son revers affiche l’inscription «Christvs.Regnat.Vincit.Et.Imperat», entourant une croix composée de quatre fois deux «L» couronnés, cantonnée de quatre fleurs de lis ; en son centre la lettre «A» de l’atelier de Paris. Une grande monnaie d’or (53,46 g, TTB), qui a été frappée à seulement 20 exemplaires en 1640 et qui s’avère donc être de la plus grande rareté. Elle s’est en conséquence hissée à 84 000 €, à partir d’une estimation maximale de 50 000 €.
Philippe VI (1293-1350) gouverna le royaume de France de 1328 à sa mort, une période troublée, marquée par les épidémies et les guerres. D
Philippe VI (1293-1350) gouverna le royaume de France de 1328 à sa mort, une période troublée, marquée par les épidémies et les guerres. De superbes couronnes d’or sont frappées sous son règne, tel cet exemple très rare, l’un des fleurons de la numismatique française, parti à 44 400 € (5,22 g). À l’avers apparaît la couronne royale entourée de six lis, cernée de l’inscription «PH DI GRA REX FRANC.» ; au revers : une croix feuillue et fleurdelisée dans un quadrilobe tréflé cantonné de quatre couronnelles, avec l’inscription «XP C VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT».
vendredi 20 septembre 2019 - 14:30 (CEST)
12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux
Briscadieu
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