Ren Hang, Love

Le 22 mars 2019, par Sophie Bernard

Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, Paris IVe, tél. : 01 44 78 75 00, www.mep-fr.org - Jusqu’au 26 mai 2019.

Ren Hang (1987-2017), Sans titre, 2016, 100 67 cm.
© Courtesy of Estate of Ren Hang and stieglitz19

À peine un an après son arrivée, Simon Baker, le nouveau directeur de la Maison européenne de la photographie (MEP), inaugure sa programmation avec le Chinois Ren Hang, l’Espagnole Coco Capitán et la Coréenne Yoonkyung Jang, tous nés après 1986. L’art international et la jeunesse sont donc à l’honneur, ainsi que la volonté de privilégier la dimension plurielle de la photographie, à travers des pratiques mêlant image et peinture, comme celle de Coco Capitán. Des trois expositions, celle de Ren Hang, dont le directeur signe le commissariat avec Jean-Luc Soret, est assurément la plus réussie. À travers cent cinquante images, cette première présentation dans une institution française de l’artiste, disparu en 2017, met l’accent sur les deux axes majeurs de son œuvre : l’identité et la sexualité. Ces deux thèmes sont traités à travers des portraits, des paysages et des nus. Poétique, énigmatique et parfois subversif, le travail de Ren Hang souvent censuré en Chine, car considéré comme pornographique se singularise par l’emploi d’un appareil rudimentaire argentique et le recours à des modèles amateurs, des proches de l’artiste. Par leur mise en scène, les corps parlent  : quatre mains aux ongles vernis de rouge écartent la bouche d’un homme, six autres recouvrent la poitrine d’une femme, ailleurs, un visage émerge d’une mare de nénuphars… C’est souvent cru et troublant, mais aussi onirique. Particulièrement soigné, l’accrochage est dynamique, misant sur le regroupement d’images, quelques murs peints notamment en noir pour la série de nuit et un éclairage subtil, centré sur les tirages. À la MEP, une nouvelle ère commence !

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