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New York opte pour la dérégulation

Publié le , par Vincent Noce

La ville de New York a surpris le marché de l’art en supprimant le minimum de règles auxquelles il était soumis.

© Sotheby’s New York opte pour la dérégulation
© Sotheby’s

Au détour d’un texte de loi allégeant les formalités pour les terrasses de café, les blanchisseries, les plombiers, les vendeurs de charbon ou de viande hachée, la municipalité a supprimé la réglementation des ventes aux enchères. La mesure a été conçue au plus fort de l’épidémie de Covid-19 pour aider le petit commerce. Mais, dans ce cas, elle concerne un marché de plusieurs milliards de dollars et qui est en plein boom. À partir du 15 juin, les maisons de ventes n’auront plus besoin d’un agrément de la ville pour exister, qu’une commission de discipline pouvait suspendre ou même révoquer en cas d’infraction. D’autres règles disparaissent, comme l’interdiction de vendre des vêtements ou des meubles dans la rue. Ainsi, faire de fausses déclarations sur les ventes ou les objets pouvait-il être puni d’un maximum de 1 000 $ d’amende et d’un an d’emprisonnement (mais il y eut très peu de plaintes, allègue la municipalité). Les commissaires-priseurs devaient s’abstenir de « pousser » un lot, à coups d’enchères fictives, une fois atteint le prix de réserve. Le niveau bas de l’estimation annoncée ne pouvait être inférieur au prix de réserve. Et les opérateurs devaient signaler les objets dans lesquels ils avaient un intérêt. Les maisons de ventes sont donc renvoyées au droit commercial de l’État, qui ne leur impose aucun code de conduite. Plusieurs professionnels considèrent que cette démarche risque d’affecter la crédibilité du secteur. Christie’s et Phillips ont déjà annoncé qu’ils maintiendraient ces règles de conduite. Sotheby’s cependant s’est abstenue de tout commentaire. Cette décision vient après un rapport du Trésor public fédéral, qui, tout en reconnaissant les risques de blanchiment que présente le marché de l’art, conseillait de ne pas renforcer les contrôles. Le paradoxe veut que, au moment où les États-Unis réclament à travers la planète un renforcement de la lutte contre le blanchiment, ils laissent leur propre marché emprunter le chemin inverse.

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