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Matthew Boulton, un industriel éclairé

Le 14 octobre 2016, par Anne Foster

Entrepreneur et mécène, ce manufacturier n’a eu de cesse de promouvoir les produits créés par sa société à la pointe du progrès, dont des montures inspirées de l’antique.

Matthew Boulton, un industriel éclairé
Matthew Boulton (1728-1809), paire de pots-pourris en bronze doré, coupes en spath fluor (blue john) et bases en marbre blanc, Angleterre, époque George III, vers 1772, h. 23 cm, diam. de la base 9 cm, l. 11 cm.
Estimation : 50 000/60 000 €

À la mort de son père, en 1759, Matthew Boulton prend la tête de l’entreprise familiale d’objets métalliques variés. Il a 31 ans et voit l’avenir en grand. Il fait construire une nouvelle manufacture, plus spacieuse, à Soho, au nord de Birmingham. Cette localité des Midlands est un centre important de la révolution industrielle britannique, surnommée «l’atelier du monde» ou la «ville aux mille métiers». Elle est également le foyer du Lunar Cercle, devenu la Lunar Society en 1775, rassemblant nombre d’industriels, inventeurs et penseurs visionnaires. Boulton en est l’un des membres influents, accueillant souvent chez lui leurs réunions. Le médecin et inventeur Erasmus Darwin le grand-père de Charles , Benjamin Franklin, James Watt et Josiah Wedgwood en font également partie. Le créateur de la machine à vapeur et le céramiste sont des amis et des associés. L’industriel est déjà reconnu de la haute société ; après avoir offert au prince Edward une épée de sa fabrication, il reçoit la commande du même modèle de la part de George, prince de Galles et futur George III. Il décide de moderniser à grands frais son entreprise, de produire des objets d’art, de créer un atelier de monnayage, et adopte les techniques les plus récentes. Pour rivaliser avec les œuvres importées de France, dont les vases montés, fort en vogue, il réalise des montures dorées au mercure pour des coupes en faïence de Wedgwood… laquelle se révèle rapidement trop fragile. Il va utiliser alors le marbre et le spath fluor (actuelle fluorite), surnommé blue john, par déformation du français «bleu-jaune». Il s’inspire des formes antiques des œuvres grecques et romaines, conservées chez des collectionneurs, et envoie son associé de l’époque, John Fothergill, en Europe afin de puiser des idées nouvelles. En 1770, l’entrepreneur livre plusieurs vases à la reine Charlotte, et organise des ventes chez Christie’s les deux années suivantes. Malgré leur réputation, le succès commercial n’est pas au rendez-vous, et le stock s’accumule. Une grande partie sera acquise par Catherine II de Russie, qui apprécie ces objets montés et leur prix moindre que ceux réalisés en France. Boulton s’associera par la suite avec James Watt, et le financera pour fabriquer sa machine à vapeur. En 1809, ce fidèle ami déclarait dans son eulogie : «S’il est considéré que cela fut fait au milieu de diverses autres importantes activités, et à un grand prix, pour lequel il n’aurait pu obtenir aucun retour à l’époque, nous sommes incapables de choisir entre l’admiration de son ingénuité, de sa persévérance ou de sa munificence».

Importants bIjoux, dessIns et tableaux objets d’art et bel ameublement du xVIIIÈme au xxÈme sIÈCle
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