Les peintres libanais s’exposent à l’IMA.

Le 05 octobre 2021, par Anne Doridou-Heim
Hanibal Srouji (né en 1957), Terre Mer XIII, 2013-2014, acrylique et brûlures sur toile (détail). Donation Claude et France Lemand.
© Musée de l’IMA

Le musée de l’IMA a toujours invité les artistes du monde arabe, mais peut-être encore plus avec un petit supplément d’âme, depuis l’importante donation consentie en 2018 de Claude et France Lemand. En toute logique, il ouvre cette fois ses salles à ceux du Liban, à nouveau tragiquement meurtri. Mais nul apitoiement ici, bien au contraire : il s’agit de montrer la lumière irradiante de la scène artistique libanaise, en écho aux propos du poète Adonis, et d’insister sur la vitalité de son creuset culturel. Il n’est pas question non plus d’être exhaustif : ce sont 32 artistes qui ont été sélectionnés, chacun marquant de son pinceau, ou de son appareil photographique, un pas dans l’histoire. Alors pour mieux remonter vers un temps plus heureux, le parcours s’effectue à rebours, partant des œuvres les plus récentes, réalisées après l’explosion – The End d’Ayman Baalbaki ou Le Dernier Temps de la photographe Ieva Saudargaité Douaihi – pour retourner vers celles de l’âge d’or, de l’indépendance en 1943 au début de la guerre civile de 1975. Il traverse les peintures lumineuses de Saliba Douaihy et de Shafic Abboud, plonge dans les couleurs pures d’Etel Adnan, et suit les itinéraires des Libanais de la diaspora, « ces hommes et femmes nés quelque part mais qui ont pris le monde comme atelier », selon les mots de Claude Lemand, infatigable défenseur de leur cause. Ce sont ainsi trois générations qui déroulent leurs travaux marqués par la gaité, l’enracinement – le thème de l’olivier exploré par Tagreed Darghouth –, la politique – imaginer un monde meilleur avec la série « Les dormeurs rêveurs » d’Anas Albraehe –, l’expressionnisme, mais aussi le surréalisme comme remède au tragique. La peinture Terre Mer XIII d’Hanibal Srouji offre un condensé de ces récits multiples. Œuvre de réflexion, elle laisse le choix entre partir vers la nostalgie ou avancer dans la lumière. « As-tu une réponse, Horizon, et que lis-tu ? », écrit le poète.

Musée de l’Institut du monde arabe, cercle des Donateurs,
1, rue des Fossés-Saint-Bernard, place Mohammed V, Paris Ve, tél. : 01 40 51 38 38.
Jusqu’au 2 janvier 2022.
www.imarabe.org
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